Brazzaville : les ruelles et avenues bientôt revêtues des pavés

Le pavé dit-on n'est plus à la mode aujourd’hui dans les aménagements urbains (ils rendent la circulation automobile bruyante et qu'ils ne sont pas confortables à la marche…). C'est en revanche un nouveau marché qui s'ouvre à la capitale congolaise. La Mairie de Brazzaville attend d’importants financements de la Banque africaine de développement (BAD) et de l’Agence française de développement (AFD) pour réinventer la première ville du Congo, notamment avec le pavage des ruelles et avenues. Le choix du pavé s’impose par la facilité de nettoyage qu’elle permet, et par sa résistance à l’usure des roues.

La Mairie de Brazzaville a décidé, pour des raisons d’esthétiques et de confort, de valoriser et de mettre à profit une richesse jusqu'ici délaissée : le pavé, qui a fait son apparition en 1181en France, pour changer l’image du paysage de la capitale congolaise.

« Hormis nos ressources propres qui seront consacrées à la réhabilitation et la rentabilisation des marchés domaniaux, la Mairie de Brazzaville attend d’importants financement de la Banque africaine de développement (BAD) et de l’Agence française de développement (AFD). Cet argent nous permettra de paver les ruelles et avenues ainsi que le traitement des érosions dans la ville », a déclaré Dieudonné Bantsimba, le président du Conseil département et municipal de Brazzaville.

Il a fait cette déclaration lors de la cinquième session ordinaire administrative du Conseil départemental et municipal de Brazzaville a clôturé le 11 juin 2020.

Pourquoi des routes pavées à Brazzaville ?

Une route pavée est facile à ouvrir (puis à refermer) pour poser de nouvelles conduites (eau, électricité, téléphone, fibres optiques), ce qui est particulièrement utile dans une ville en pleine expansion et en plein développement comme Brazzaville, où l’installation d’infrastructures d’assainissement ou d’alimentation en eau et en électricité reste souvent à faire. Les réparations peuvent s’effectuer très rapidement, avec un minimum d’investissement, avec une main-d’œuvre peu qualifiée et peu coûteuse. Ce n’est pas le cas pour les routes bétonnées ou goudronnées, dont la réparation requiert des matériaux coûteux et une technicité élevée. Or si ces réparations ne sont pas correctement effectuées, cela affecte la durée de vie des routes.

Les routes pavées sont très durables, même avec un minimum d’entretien : environ 30 à 40 ans par rapport à 15 ans pour les routes goudronnées. Le pavage présente aussi l’avantage d’être plus perméable que le goudronnage et le bétonnage, ce qui réduit le ruissellement.

En outre, le recours minimum aux énergies fossiles est un aspect environnemental à prendre en compte.

Les routes pavées empêchent également les vitesses excessives et protègent donc implicitement les usagers de la route les plus vulnérables, comme les enfants, les piétons et les cyclistes. Cette protection peut encore être renforcée grâce à la mise en place de ralentisseurs de vitesse.

Un tel projet doit inexorablement résoudre l’épineux problème du chômage qui étrangle plusieurs jeunes de Brazzaville.

Jack de MAÏSSA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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