L’année 2019 serait-elle celle de la relance du tourisme au Congo ?

Perçu comme le parent pauvre de la politique de développement du Congo, le tourisme semble être à nouveau classé parmi les priorités du gouvernement, après que ce secteur a été relégué presque au dernier plan pendant plusieurs années. L’année 2019 serait-elle celle de la relance du tourisme au Congo ? Certains veulent y croire et répondent par l’affirmative.

Au gouvernement, l’on est d’ailleurs convaincu de ce que la nomination de Madame Arlette Soudan-Nonault, est la preuve que le chef de l’État a placé le développement du tourisme parmi les priorités de sa mandature.

L'ex présentatrice chévronnée des éditions d'informations sur radio Congo a déjà conçu admirablement et intelligemment «une feuille de route». Le but étant de renforcer la compétitivité de la filière du tourisme dans le pays.

Pour ce faire, la ministre a déjà initié une série de rencontres avec les bailleurs de fonds susceptibles d’accompagner le Congo, y compris sur le plan technique.

Le 27 janvier 2019, Arlette Soudan-Nonault a annoncé par exemple que le site touristique en construction aux cataractes du fleuve Congo, dans le 9e arrondissement, Madibou, à Brazzaville, allait contribuer à la diversification de l’économie congolaise, grâce aux taxes et impôts qui y seront prélevés sur les services et les commerces.

On y trouvera diverses boutiques dont une pour les artisans, des restaurants, une salle polyvalente, des haies de promenade sur les quais, des parcours de randonnées pédestres, des parkings, un parc d’attraction pour enfants, des quais pour la pratique du kayak et hors-bords… La construction de ce site moderne des cataractes est financée à 70% par la STB, une société privée de droit congolais, et l’Etat congolais qui apporte les 30% restants.

Le gouvernement dit compter sur ces potentiels partenaires pour appuyer ses actions devant contribuer à promouvoir efficacement la destination Congo. Et Arlette Soudan-Nonault ne cache plus sa volonté de positionner le Congo comme une destination de référence en matière de tourisme durable en Afrique centrale.

Cette ambition est d’ailleurs inscrite sur la feuille de route de la ministre du Tourisme.

Avec l’épuisement de ses réserves pétrolières, le gouvernement congolais s’engage progressivement sur la voie de la diversification de son économie. La valorisation du secteur touristique s’inscrit dans cette politique.

Une situation politique stable : Dans la sous-région d’Afrique centrale, le Congo apparaît comme un îlot de paix, de relative sécurité et de stabilité. Des éléments importants pour attirer des touristes étrangers.

Des infrastructures de communication et d’hébergement assez acceptables : Le Congo est aujourd’hui couvert à près de 80 % en téléphonie mobile (réseau GSM), ce qui est un plus indéniable car le touriste reste joignable. On enregistre aussi une capacité hôtelière intéressante. Et toutes les capitales départementales sont desservies plusieurs fois par semaine par des compagnies aériennes.

Si les atouts touristiques du Congo sont importants et variés, il n’en reste pas moins que la valorisation de ce secteur rencontre encore des problèmes.

Enclavement et dénuement de certains sites touristiques. Dans l’arrière-pays, d’une façon générale, se pose avec acuité le problème d’hébergement et de restauration pour les touristes.

En effet, les capacités hôtelières et de restauration de nombreux sites sont quasi nulles. Le Congo souffre d’une insuffisance en main d’œuvre qualifiée dans le secteur touristique (guides touristiques, transporteurs, restaurateurs, etc.).

Enfin, un milieu naturel souvent hostile. L’immense et épais couvert végétal rend quelquefois difficile l’observation des espèces animales ainsi que les déplacements dans la forêt…

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo Brazzaville

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