La station piscicole de Komono, une marche vers l’autosuffisance alimentaire ?

La station piscicole de Komono dans le département de la Lékoumou, projet pilote initié par le Ministère congolais de la Pêche dans le cadre de l’autosuffisance alimentaire et de la lutte contre la vie chère, donne le gage que si tout le monde s'y met, tous les congolais mangeront à leur faim, et le développement de l'aquaculture au Congo-Brazzaville consacrera un nouveau secteur économique.

L’idée pour le gouvernement congolais au départ était de permettre aux populations de Komono et de la Lékoumou, d’avoir une consommation de produits variés mais aussi de rendre le poisson abordable pour tous.

Au début du lancement du projet, plusieurs employés locaux, travaillent à élever tilapias et silures. La station piscicole de Komono qui comprend plusieurs bassins et étangs d’élevage, produisait chaque mois, entre 700 kilos et 1 tonne de poisson frais pour être revendu aux populations locales et départementales.

Mais depuis plusieurs mois, les poissons de la station piscicole de Komono ont pratiquement disparu sur le marché local ou départemental et il n’y reste en majorité que des poissons venus d’ailleurs. Maintenant, les populations dépendent essentiellement de la viande de brousse.

Motif : le projet pour diversifier la nourriture des populations de Komono ou de la Lékoumou s’est totalement effondré et la production piscicole a chuté totalement, vu les mauvaises pratiques (pas de fertilisation des eaux, souche de tilapia dégénérée, pas d’alimentation des poissons, etc.), politiques de développement inappropriées, absence de stratégie et de plans de développement du projet.

La station piscicole de Komono, sans stratégie post projet, n'a pas cherché à développer d’entité rentable capable de générer des revenus importants et de créer des emplois rémunérés.

Enfin, l'absence d'industries d'aliments pour poissons au Congo, l'absence et/ou l'insuffisance d’alevins de qualité, le manque de personnel qualifié et le manque de maîtrise des technologies de production n’ont pas permis à cette station piscicole de se développer davantage comme dans les autres villes du continent où la révolution bleue fait merveille.

Jack MAÏSSA / Les Echos du Congo Brazzaville