Pointe-Noire, une gigantesque poubelle à ciel ouvert

Les odeurs nauséabondes dans toute la ville de Pointe-Noire relancent la polémique sur la gestion catastrophique des ordures dans la capitale économique du pays. Entre les dirigeants qui se rejettent la faute et une gouvernance lacunaire, difficile d'envisager des solutions concrètes. Le constat, malheureusement, ne peut être masqué: la ville océane ressemble ces derniers temps de plus en plus à une gigantesque poubelle à ciel ouvert.

Dans tous les arrondissements de Pointe-Noire, des canettes de bière, des bouteilles en plastique, des fruits pourris, des sachets de frite, des sacs de déchets ménagers ou autres détritus encombrent les trottoirs et les chaussées ou défigurent les quartiers. Et toutes ces anomalies ne semblent pas le moins du monde inquiéter nos vaillantes autorités départementales et communales.

Les différentes artères de la deuxième ville du Congo sont parsemées de boues et d’eaux stagnantes. Des lacs artificiels, avec leurs eaux verdâtres ou jaunâtres, se compte par milliers.

Au marché Tié-Tié par exemple, les commerçants cohabitent avec la boue et les eaux stagnantes. Plus les jours passent, plus ces artères se dégradent sous les yeux impuissants des usagers.

Pourtant, plusieurs d’entre eux estiment que ces artères autour du plus grand marché de la ville océane devraient être classées priorités des priorités en matière de réfection des routes dans la voirie urbaine.

Tout le monde le sait, le voit et le sent, surtout durant ces derniers jours. Les rues et ruelles des quartiers populaires sont jonchées de déchets ménagers. Les trottoirs sont envahis par des étalagistes qui n'ont que leurs intérêts en considération et qui jettent leurs déchets à coup de balai à l'heure de la fermeture hors de leurs boutiques. Les eaux de ruissellement stagnent sur des routes défoncées par des travaux exécutés par la régie de la distribution d'eau et d'électricité.

Dans certaines parties de la ville, les ordures sont brûlées pendant plusieurs mois d'affilée, sous un ciel brumeux.

Nombreux sont ceux qui pensent que cela ne suffira pas pour s'attaquer à la racine du problème: l'amoncellement de poubelles par des milliers d'habitants dans une ville sans recyclage organisé, sans effort pour limiter l'utilisation du plastique, et sans personne prêt à prendre la responsabilité de la propreté.

Pourquoi ? Parce qu’à l’absence de sens civique élémentaire de certains de nos concitoyens s’ajoute une politique incohérente des responsables de la société chargée du ramassage des ordures ménagères et du balayage :

Insuffisance de poubelles publiques. Résultat : tout se retrouve sur le trottoir.

Moyens insignifiants octroyés à la propreté publique et à la sauvegarde de l’environnement, absence totale de surveillance et de répression des incivilités et politique inadaptée de la collecte des immondices.

La société chargée du nettoyage de la ville a échoué sur tous les plans.  Habitants et dirigeants locaux recourent à un système D guère rassurant: le brûlage des ordures contenant d'importantes quantités de plastique.

Cette situation est inquiétante pour une capitale économique appelée à jouer un rôle important dans la promotion du tourisme. Pour de nombreux touristes, ponton la belle devient tout simplement ponton la poubelle.

Jean-Jacques Jarele SIKA

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