Le phénomène saute aux yeux. Et aucune zone de la capitale congolaise n'y échappe. À Brazzaville, un business discret mais redoutablement efficace est en train de redessiner l’économie de proximité : celui des parkings privés aménagés sur des parcelles exploitées ou inexploitées.
Dans plusieurs quartiers sous-intégrés de la capitale, des propriétaires ont trouvé une idée simple, mais ingénieuse : transformer leurs terrains en espaces de stationnement payants, à raison de 500 ou 1000 FCFA par véhicule. Un tarif accessible pour les automobilistes, mais une source de revenus régulière pour les propriétaires.
Une réponse concrète à un vrai besoin
Avec l’augmentation du nombre de véhicules en circulation et le manque criant d’espaces de stationnement organisés, la demande est forte à Brazzaville. Les marchés, les centres administratifs, les zones commerciales et certains axes très fréquentés manquent de parkings structurés. Résultat : ces parcelles privées deviennent des solutions pratiques, sécurisées et proches des lieux d’activité.
Un revenu quotidien stable
Le calcul est vite fait. Avec une vingtaine à une cinquantaine de véhicules par jour, les recettes peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers de francs CFA quotidiennement. Sans investissements lourds — parfois une simple clôture, un nivellement du sol et un gardien — ces parkings permettent aux propriétaires de :
Générer un revenu stable, s’auto prendre en charge, valoriser un terrain auparavant improductif, créer de petits emplois de gardiens.

Une économie locale qui s’organise
Ce phénomène prend de l’ampleur, notamment dans les quartiers longtemps considérés comme périphériques ou sous-équipés. Là où l’État et les grandes entreprises tardent à investir, les habitants innovent.
Ce business, né de la débrouillardise urbaine, témoigne d’une dynamique entrepreneuriale locale forte. Il transforme une contrainte — le manque d’infrastructures — en opportunité économique.
Vers une structuration du secteur ?
Si la tendance continue, la question de la réglementation et de l’encadrement pourrait se poser. Car derrière ces parkings improvisés se cache un véritable marché en expansion.
À Brazzaville, les parcelles vides ne dorment plus. Elles produisent. Et dans le silence des moteurs coupés, c’est toute une micro-économie qui prospère.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville