La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a formellement démenti, dans un communiqué dont notre rédaction a obtenu une copie, toute perspective de dévaluation du franc CFA dans la sous-région. Face aux rumeurs persistantes alimentées par un contexte économique mondial incertain, l’institution d’émission a tenu à rassurer les populations, les opérateurs économiques et les partenaires financiers sur la solidité du cadre monétaire en vigueur au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Selon la BEAC, les fondamentaux macroéconomiques de la zone demeurent globalement maîtrisés. Les réformes engagées ces dernières années, conjuguées aux programmes de redressement économique mis en œuvre par les États membres avec l’appui des partenaires internationaux, ont permis de renforcer la stabilité monétaire et financière. Les réserves de change, bien que soumises aux fluctuations des marchés internationaux, restent à des niveaux jugés compatibles avec la parité fixe du FCFA arrimé à l’euro.
L’institut d’émission souligne également que la discipline budgétaire et la coordination des politiques économiques au sein de la CEMAC constituent des piliers essentiels pour préserver la valeur de la monnaie commune.
À ce titre, la BEAC appelle les États à poursuivre les efforts d’assainissement des finances publiques, de diversification des économies et de promotion de la production locale, afin de réduire la dépendance excessive aux importations et aux matières premières.
Cette sortie officielle intervient dans un contexte marqué par des inquiétudes sociales, où la simple évocation du mot « dévaluation » ravive de douloureux souvenirs liés à la baisse du pouvoir d’achat et à la cherté de la vie.
Consciente de ces sensibilités, la BEAC insiste sur la nécessité de combattre la désinformation et de privilégier une communication transparente et régulière autour des questions monétaires.
En réaffirmant qu’aucune dévaluation du FCFA n’est à l’ordre du jour en Afrique centrale, la BEAC envoie un signal fort de confiance et de stabilité. Un message destiné à rassurer les ménages, à sécuriser les investissements et à maintenir la crédibilité du cadre monétaire, considéré comme un facteur clé de la stabilité économique et sociale dans la sous-région.
Ce Jeudi 22 janvier 2026, les chefs d’Etats de la CEMAC se réunissent en sommet extraordinaire à Brazzaville pour statuer sur l’importante érosion des réserves de change au niveau de la BEAC, estimés à plus de 1 300 milliards de FCFA sur seulement 6 mois ; aggravé par de lourdes échéances de dette extérieure fixées au premier trimestre 2026.
Pour sa part, la BEAC insiste qu’elle reste pleinement engagée dans le maintien de la stabilité des prix ; la préservation des réserves de changes et la supervision d’un système financier sain et résilient.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
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