Jacob Desvarieux : l’Artiste ne meurt pas ! (Par Michel Mboungou-Kiongo)

Jacob Desvarieux, un bel esprit, virtuose, du rythme kassav s'est envolé ! Bien que son corps physique, poussière qui retourne à la poussière, va pour enfin se reposer, il ne saura tarder à se recomposer en de belles inspirations musicales qui viendront, bientôt, inspirer Kassav. Car dans ce processus de décomposition-compositon de organisme qui va en repos du temps et l'espace pour se recycler, une vie nouvelle apparaît.

Alors, plus belle encore sera la portée de son âme belle et porteuse de félicité, car c'est ce qu'elle n'a cessé d'apporter aux hommes pendant son passage sur cette terre où elle a fait du bien à l'âme humaine. Oui, son âme poursuivra sa mission de rendre heureux les hommes, les femmes et les enfants qui entendront encore cette voix, presque éraillée et rocailleuse, à coup sûr, par les coups de la vie sur l'âme et sur le corps de cet homme, écorché vif de son par son inspiration artistique, mais combien humain par son humilité, présence d'une intelligence de cœur, de par les sonorités venues de sa guitare, instrument qui en était devenu un organe supplémentaire à son être.

Les sonorités rythmiques de Jacob Desvarieux sonnaient comme des tambours africains, et comme les tambours des batteurs du Rwanda et du Burundi, comme ceux de Doudou Diagne Rose sur les bords du lac rose des terres de la Terenga où, cet enfant de la Guadeloupe a passé ses années de jeunesse qui forment l'Homme au sens véritable de l'Humain, mais dont une secousse de l'histoire de son peuple a fait une mauvaise rencontre d'un autre type d'humains.

Pour sûr, de faux-humains qui ont tordu le bras à la main de l'amitié que le peuple Jacob Desvarieux leur tendait.

C'est de là, qu'a débuté une périlleuse, lancinante, déchirante, hideuse, nauséeuse, dramatique et tragique existence imposée par la bestialité de l'homme, lorsqu'il fait le choix conscient d'être un Être déshumanisant, en devenant esclavagiste. Mais cette mauvaise occurrence a façonné des Êtres humains qui ont pu développer de la résilience et l'emmener à un niveau d'humanité qu'ils ont su donner au monde entier la brillance de leurs âmes ressuscitées du chaos de l'enfer imposé par la férocité des cœurs et des âmes de morts-vivants.

Et c'est là, au début des années 80 du 20ème siècle, j'étais étudiant en journalisme en France, lorsque, soudain, ce fût le coup de tonnerre musical en France et dans le monde : Kassav, venait de faire son entrée sur la scène des rythmes, textes et danses qui faisaient danser le monde entier. Et, depuis lors, le monde danse, danse et danse encore du Kassav. Oui, Jacob Desvarieux s'en est allé ! Mais il demeure vivant à travers les vibrations exquises, joyeuses et festives du groupe Kassav.

Michel Mboungou-Kiongo ancien DG de Télé Congo (1994-1997)

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