Entre excès de zèle et pratiques rétrogrades, Thierry Moungalla aurait limogé Christian Martial Poos

Le Directeur de l’Information de Télé-Congo, Christian Martial Poos, a été démis de ses fonctions par son Ministre de tutelle Thierry Moungalla. Cette information qui inonde les réseaux sociaux n'a nullement été démentie, au point d'être confortée

Le directeur des informations de Télé-Congo aurait été remercié par son ministre de tutelle, au motif non avoué ''d’avoir accordé quelques minutes d’antenne à l’opposition congolaise durant la Campagne présidentielle; puis, récemment, d’avoir fait passer sur les antennes l’écrivain Alain Mabanckou qui serait très critique face aux autorités de Brazzaville.''

Cette information pour laquelle aucun démenti n'a été apporté interpelle sans corporatisme, les professionnels de la communication et des médias que nous sommes. Elle nous pousse aux observations que voici.

Si les faits allégués étaient vrais, il va s 'en dire que le ministre Thierry Moungalla se trompe d'époque. À moins que cette république nouvelle dépouillée de tous les oripeaux rétrogrades à laquelle tous appellent de leurs vœux ne soit qu'une vision de l'esprit, les pratiques dévoyées ayant toujours cours, surtout chez ceux devant prêcher par l'exemple des us de démocratie d'équité dans la liberté d'expression et d'opinion tel le ministre de la communication, la voix officielle du pays. Imposture !

Est-il besoin de rappeler au ministre de la communication que toute sanction d'un journaliste est imputable aux fautes d'éthique ou de déontologie, à moins que vous  n'y trouviez une déficience intellectuelle ou de l'insubordination dans la pratique du métier, ce qui n'est nullement le cas chez ce journaliste dont l'assise intellectuelle et le talent préfigurent une bonne carrière.

 Christian Martial Poos. Professionnalisme et talent purs.

Monsieur le ministre, à moins de ''goebbeliser'' la fonction qui est la votre, vos sorties maladroites pleines de diatribes d'un autre genre et d'une époque révolue au Congo, montrent à l'évidence que vous êtes en pure perte de repères.

Il est bien loin, le temps où, aux cotés d'André Milongo, de la place de Paris, vous teniez un discours bien différent. Il est vrai que les rapports conjoncturels s'en trouvent désormais modifiés et le champ de votre conscience s'est depuis éclairé de ''lumières nouvelles''. C'est la dialectique de  l'histoire qui ne doit nulement travestir votre jugement rationnel de pure logique intellectuelle.

Libre à vous, Monsieur le ministre de penser que la ligne éditoriale des médias d'états doit être assujettie à vos desiderata, voire à vos humeurs et vos goûts. Concédez au moins aux journalistes l'indépendance qu'exige d'eux équité et impartialité dans le traitement de l'information. Même si dans le cas d'espèce, elle ne serait que de façade.

Monsieur le Ministre, dans le journalisme moderne, surtout dans les pays fragiles comme les nôtres, le journaliste est autant un thermomètre qui donne la température du moment qu'un thermostat qui tente de la réguler. Penser autrement c'est revisiter ''la pravda'', un recul abyssale.

Quelles que soient les raisons qui aient justifiée votre décision, celle-ci arrivant en cette période où vous êtes réduit à liquider les affaires courantes sonne comme de la répression politique. Un excès de zèle. 

 Au plan communicationnel ou de l'image l'action est contre-productive car elle est perçue hors du Congo comme le bâillonnement de la presse et vous, ''l'oppresseur'' en-chef des journalistes. Quoi que vous fassiez, le mal est fait et l'image du Congo s'en trouve une fois de plus écornée.

Benoît BIKINDOU

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