Louvakou face à l’usage de drogues dans l’espace public

Si durant de nombreuses années, le trafic de stupéfiants dans le département du Niari a été pointé comme cause de l’insécurité : les auteurs de vols de téléphones ou de sacs à main… la population du village Maboko-centre situé à un jet de pierre de la ville de Louvakou (sud) introduit aujourd’hui dans le débat la présence même des consommateurs de drogues dans l’espace public depuis plusieurs mois.

L’usage de drogues relève de la sphère privée et intime, mais peut parfois se dérouler dans l’espace public non par choix, mais par contrainte pour les consommateurs les plus précaires.

Ce phénomène donne parfois lieu à des scènes ouvertes (mêlant trafic et usage) qui peuvent générer des troubles à l’ordre public, les cambriolages, les braquages et un sentiment de malaise et de peur pour la population du village Maboko-centre qui désormais ne sait plus à quel saint se vouer face à l’insécurité qui gangrène leur petite bourgade jadis tranquille et paisible.

Pour quelques habitants interrogés, la drogue devient un frein pour élaborer des propositions constructives visant à imaginer et aménager l’espace urbain dans le sens d’une éthique du village Maboko-centre permettant de « mieux vivre ensemble avec les autres ».

Tant que ce sera aussi lucratif, on n’empêchera pas. La majorité de ceux qui perturbent l’ordre public ont deux profils principaux : soit des gros consommateurs de drogue dure, vraiment abîmés, plutôt 30-40 ans, soit des plus jeunes 18-25 ans qui n’ont pas envie ou pas réussi à s’insérer, pour qui c’est devenu un travail, assez bien rémunéré.

Les jeunes, mineurs ou la vingtaine, consomment aussi mais plutôt le cannabis communément appelé "chanvre indien", la drogue la plus accessible et la plus utilisée à Maboko-centre.

Beaucoup de petits trafics se sont mis en place comme ça au village Maboko-centre. Il y a des endroits connus de quasiment tout le monde mais il y a aussi des dénonciations sur des maisons précises.

Selon les habitants du village Maboko-centre, l’idée est plutôt de privilégier des enquêtes plus ciblées par la gendarmerie ou la police. On ne trouve pas forcément les têtes de réseau mais on met des coups d’arrêt réels à un moment donné à des trafics visibles dans le village où tout le monde sait qu’on peut acheter des stupéfiants, où ça crée une insécurité.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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