Quels chauffeurs pour nos routes à grand trafic ?

Le Président Denis Sassou Nguesso a inauguré, le 1er mars 2016, la route Dolisie-Brazzaville, longue de 425km. Désormais, les nationales 1 et 2 offrent au Congo un axe d’intense trafic sur lequel les usagers au volant devront adopter des comportements responsables pour éviter des catastrophes.

Conduire est une science qui implique l’application d’un ensemble de règles à respecter en temps réel, pour sa propre survie et celle des autres usagers de la route.

L’ensemble de ces règles contenues dans le code de la route édictent par principe une uniformité de comportements sur les routes entre usagers. Ainsi, conduire devient à l’évidence un exercice pratique de respect de règles, d’autant que celles-ci en harmonisent la pratique.

Cette pratique disons-nous, est le fruit d’un apprentissage théorique et pratique. Celui-ci prend en compte les différentes situations auxquelles peut être confronté le chauffeur et comment les résoudre.

En dehors des prescrits de l’administration routière illustrés par les panneaux de signalisation et autres marquages au sol à respecter scrupuleusement, l’intelligence du chauffeur ou du conducteur ainsi que son intégrité physique apparaissent comme des facteurs déterminants pour une conduite sans risques. L’état du véhicule ne présente qu’un facteur subsidiaire dans la plupart des cas d’accident, à moins d’user de surcharge le cas échéant.

Avec la mise en circulation de ces routes à fort trafic ce qui multiplie du coup les risques d’accidents, la formation des chauffeurs se doit d’être adaptée, à défaut d’une répression de la gendarmerie motorisée qui a à l’occasion un motif de déploiement pour la sauvegarde de la vie de nombreux citoyens.

Certains chauffeurs ne conduisent pas. Ils déplacent simplement les véhicules car ayant appris à conduire dans une station de lavage ou en qualité de « boy-chauffeur », ils ne disposent d’aucune connaissance du code de la route. Leur travail se limite à orienter la trajectoire du véhicule qu’ils savent mettre en route et dont ils testent les limites de vitesse le cas échéant, au mépris des règles de conduite et de sécurité.

C’est le cas de ces chauffeurs qui s’abreuvent d’alcool ou autres « drogues » avant de prendre le volant, ce en toute impunité. La pratique populaire prétend que cela offre de meilleures dispositions de conduite. Erreur !

Et si le parlement était également interpellés afin qu’ils adaptent désormais les lois du trafic routier aux réalités de ce réseau qui traverse des villes et des villages où les populations et leur petit élevage seront peut-être à la merci des chauffards sans foi ni loi.

La route se doit d’être protégée par l’ensemble des règles qui en définissent l’usage. Ce faisant, on protège aussi ceux qui l’environnent ou ceux qui l’utilisent.

Benoît BIKINDOU

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