Les populations du Niari accusent l’armée angolaise de viol sur des femmes de Kimongo

Des femmes congolaises de la ville de Kimongo et plus précisément du village Ilou-Panga dans le Niari (sud), frontalier à Tsanga-village en territoire cabindais, sont victimes de traitements inhumains de la part de l'armée angolaise. Les habitants du Niari sont de plus en plus nombreux à dénoncer ces exactions et continuent à comptabiliser les centaines d'abus commis par l’armée angolaise : viols sans aucune protection, passages à tabac, tortures, arrestations, assassinats …

Les victimes sortent progressivement de leur silence.

«Il existe une piste qui conduit les populations du village Ilou-Panga jusqu’à Tsanga-village en territoire cabindais. Les militaires angolais, viennent de temps en temps dans les champs des congolais, soit remettre les téléphones auprès des jeunes pour la recharge des batteries, soit pour nous violer dans nos propres plantations ou pour se ravitailler en divers objets », nous a confié une victime sous couvert de l’anonymat.

Selon une source policière, la forêt où se produisent ces exactions se trouve en territoire congolais. Il s’avère qu’une société forestière angolaise ‘’MPM’’ exploitant illicitement les grumes a ouvert une voie qui passe en territoire congolais, dans la forêt du village Ilou-Panga, pour lui permettre d’évacuer son bois.

Récemment, les militaires angolais ont surpris quatorze (14) chasseurs congolais dans la forêt commune Congo-Angola située entre le village ilou-Panga et le district de Tsanga-Palmice (Cabinda). Un des militaires a lancé une sommation de tout déposer par terre, un autre a ouvert le feu sur Cyriaque Mboumba-Mabika qui a trouvé la mort sur le champ puis l’on jeté dans un ravin.

De retour au village, les treize (13) rescapés ont donné l’information au chef du village, au sous-préfet et à la force publique. Les autorités locales congolaises sont rentrées en contact avec leurs homologues angolais, pour leur annoncer l’incident qui s’est produit dans la forêt et dont les auteurs seraient des éléments de l’armée angolaise.

Le 17 Juillet 2019, une délégation des forces armées angolaises conduite par le colonel Machadou, en compagnie du lieutenant-colonel Emmanuel Dasylva, commandant des gardes-frontières angolaises, est arrivée à la frontière de Panga pour donner officiellement l’information de ce qu’ils ont retrouvé le corps sans vie d’un chasseur avec un fusil calibre 12 de marque simplex, un sac contenant un couteau, une lime, un chapeau, une lampe torche, des arachides, une cartouche de chasse double zéro et des légumes sauvage. Par la suite, il leur a été recommandé de rapatrier ce corps. C’est ce qui fut fait le même jour,  à 18 h 22 mn. Le corps a été réceptionné par les autorités locales congolaises et remis au père de la victime, Dieudonné Fidèle Moueni, sans documents administratifs, accompagné d’une somme de 10.000 Kouandza franc, un sac de farine, un sac de riz, un sac d’haricot, des boites sardines.

Le 18 Juillet 2019, sur instruction du sous-préfet de Kimongo, Lambert Nianga, une délégation de la force publique congolaise conduite par le capitaine Roger Owomi, chef de la garde-frontière, s’est rendu à Belize (Cabinda), afin de retirer les documents administratifs du transfert du corps rédigés en portugais.

La délégation congolaise a profité de souligner que les militaires angolais ne cessent de commettre des exactions à la frontière. Une situation qui inquiète les populations congolaises.

Edwige KISSINGER / Les Echos du Congo Brazzaville