Un camion grumier se rendant sur l’aire de déchargement en périphérie de Dolisie, s’est renversé mercredi en fin de journée, à l’entrée de la ville, au rond-point dit des 4 points cardinaux. La vitesse dans l’amorce du virage serait la cause de l’accident.
Le camion grumier venant de l’axe Louvakou s’est couché à la sortie du rond-point, entrainé par une poussée cinétique décuplée autant par la vitesse que le poids de la charge transportée. La remorque qui aux dires des premiers témoins sur le lieu de l’accident serait mal arrimée, aura complété le tableau.
« Heureusement que ‘’Nzambi mé nouana’’ » autrement dit « Dieu a fait grâce, s’est écrié un vieux monsieur qui a suivi l’accident de l’autre côté de la voie et dont le cardiomètre entraîné par l’émotion, a subitement atteint les sommets, côtoyant la zone de l’infarctus.
Heureusement bien-sûr, car à cette heure où les piétons empruntent régulièrement cette partie de la chaussée, pas une seule personne ne s’y trouvait, ni aucun autre véhicule ne circulait sur la voie. Les grumes détachées ont roulé jusqu’à s’immobiliser, sans trop de dégâts.

Le chauffeur du grumier qui s’en est sortie indemne mais avec des courbatures dues aux contorsions provoquées par la chute de sa cabine, sera passé par toutes les frayeurs.
Les premières constatations montrent que le chauffeur a abordé le contournement du rond-point avec la même vitesse de roulement, car n’ayant pu anticiper le freinage.
Un spécialiste que nous avons consulté parle de manque de formation qu’il retrouve dans les pratiques de nombreux chauffeurs poids-lourds. Pendant le roulement, ceux-ci sollicitent régulièrement les freins au lieu du ralentisseur qui lui fait tourner l’arbre de transmission dans le sens inverse et oblige le véhicule à ralentir. La conséquence étant qu’au moment de freiner, les bouteilles d’air sont vide et le véhicule ne peut ni ralentir, ni freiner.
Si cet accident n’a pas fait de victimes, car « Dieu ayant boxé », il pose tout de même le problème de la formation efficiente des chauffeurs, qu’il soient ceux des poids lourds, des véhicules légers ou ceux de transports des personnes. C’est à croire qu’au Congo, très peu de chauffeurs conduisent. Beaucoup déplacent simplement les véhicules, car leur comportement au volant relève une méconnaissance criarde des règles élémentaires de conduite ou du code de la route.
Ayant appris sur le tas et parfois même sur le tard, beaucoup n’ont pas opté pour une mise à niveau, de même que pour leurs employeurs, ce qui compte, c’est que le véhicule rentre indemne de la journée et que les affaires marchent. Le facteur risque ainsi que la préservation de la vie des passagers étant mis au compte de la chance ou de la bonne étoile du conducteur. Hélas…
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville