Le Ministère de la Santé et de la Population de la République du Congo, en partenariat avec le Bureau OMS pays a organisé, le 4 août 2026 à Brazzaville un atelier national de validation des algorithmes diagnostiques et thérapeutiques des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’usage des substances psychoactives. L’ouverture dudit atelier a été dirigé par le directeur de cabinet du ministre de la Santé et de la Population, en présence du Représentant Résident du Bureau pays de l’Organisation Mondiale de la Santé, le docteur Vincent Dossou Sodjinou, du Coordonnateur de l’UCPP, des directeurs centraux et du directeur du Programme national de santé mentale.
En effet, considéré comme un véritable enjeu de santé publique, la santé mentale constitue une priorité du gouvernement de la République et de ses partenaires techniques et financiers. C'est dans cette perspective qu’il a été initié, un atelier de validation d'un manuel destiné au renforcement des capacités des acteurs du secteur de la santé, avec pour objectif doter les prestataires à l'identification, au dépistage et à la prise en charge des troubles mentaux neurologiques et liés à l'usage de substances à partir d'outils standardisés. Cette initiative est portée par le Ministère de la Santé et de la Population, avec l'appui technique de l'Organisation Mondiale de la Santé à travers le programme d'action MHGAP.
Lancé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 2018, le programme d'action intitulé « Combler les lacunes en santé mentale MHGAP », a inclus les principaux objectifs pour le renforcement de l'engagement des gouvernements, des organisations internationales et des autres acteurs à augmenter les ressources financières et humaines allouées aux soins de service mentaux, d'atteindre une couverture de soins avec des interventions clés dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. Sur la base de ces objectifs, le guide d'intervention MHGAP pour la prise en charge intégrée des troubles mentaux neurologiques et liés à l'abus de substances psychoactives dans les structures de soins non spécialisés a été développé en 2010, puis révisé et republié en 2015. Le manuel et les réformes structurelles envisagées s'inscrivent dans une approche de soins de santé mentale intégrée.
En conséquence, les objectifs visés sont clairs, l'intégration des soins de santé mentale dans le paquet de services des structures sanitaires de première ligne afin de rapprocher l'offre de soins des populations, le renforcement des capacités des professionnels de santé pour le diagnostic et la prise en charge des troubles mentaux courants, ainsi que la réduction de l'isolement des personnes vivant avec des troubles mentaux en vue d'une prise en charge historique et communautaire.
Ainsi, le manuel d'algorithmes diagnostiques et thérapeutiques de prise en charge des troubles mentaux soumis à cette session de validation sera un outil technique clé pour délivrer des soins de qualité aux personnes souffrant d'affections mentales afin d'atteindre l'objectif de la couverture sanitaire universelle. Ce manuel sera aussi un outil important au service de la mise en œuvre du plan stratégie nationale pour la santé mentale.
Adapté aux contextes épidémiologiques, socio-culturels et aux défis spécifiques du Congo, ce manuel constitue un référentiel technique opérationnel. Ces outils permettront d'améliorer la détection précoce des troubles mentaux et neurologiques, de standardiser les protocoles de prise en charge, de renforcer les capacités des agents de santé non spécialistes et de réduire les inégalités entre zones urbaines et rurales en République du Congo. Avec l'appui technique et financier de l'OMS, la République du Congo se dote ainsi d'un outil stratégique visant à intensifier et à structurer son dispositif de lutte contre les troubles mentaux.
Selon le représentant du ministre en charge de la Santé et de la Population, « la République du Congo est confrontée à des défis majeurs dans ce domaine, notamment l’insuffisance des ressources humaines spécialisées, ainsi que la concentration des services dans les grandes villes (Brazzaville et Pointe-Noire) et l’absence d’outils standardisés pour guider la prise en charge dans les structures de base. Ces difficultés entraînent une errance des patients, un retard de diagnostic et une inégalité d’accès aux soins », a-t-il fait remarquer.

Le Représentant de l’OMS au Congo, Dr. Vincent Dossou Sodjinou, a qualifié la réunion de très capital et d’une importante nécessité. « L’atelier qui nous réunit ce jour est d’une importance capitale pour la République du Congo et l’OMS dans la mesure où il s’aligne à l’un des objectifs stratégiques du cadre pour renforcer la mise du Plan d’action mondial pour la santé mentale 2013-2030 dans la Région africaine, approuvé par les Etats-membres, lors de la 72e Réunion du Comité régional pour l’Afrique, en juillet 2022. Cet objectif vise, en effet, à : « accroître la couverture de services mentaux, neurologiques et liés à l’usage de substances psychoactives de qualité, et élargir l’accès à ces services en insistant sur le renforcement des services au niveau primaire et communautaire », a-t-il dit.
« Il est indispensable de faire en sorte que les personnes en situation de trouble mental contribuent également, et le plus longtemps possible, à la vie de la société, avec des possibilités de bonne santé à tous les stades de la vie, en facilitant l’accès à une couverture sanitaire universelle et à de systèmes de santé et sociaux intégrés, centrés sur la personne.
C’est dans ce sens, que l’OMS ainsi que les partenaires techniques et financiers consentent des efforts importants pour renforcer, en lien avec le plan d’action mondiale pour la santé mentale 2010-2030 dans la région africaine, les systèmes de santé afin qu’ils assurent les soins et services de santé mentale indispensables pour parvenir à la couverture sanitaire universelle. De nombreuses interventions prioritaires fondées sur des données factuelles sont proposées et les ressources nécessaires pour les assurer, pour garantir que les modalités adaptées de prestation des services sont disponibles », a réaffirmé Vincent Dossou Sodjinou.
« Je réaffirme, ici, la disponibilité de l’OMS au Congo et de ses partenaires à contribuer, à vos côtés, à l’atteinte de l’objectif de développement durable 3 qui vise, je cite : « Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être à tout âge », a-t-il conclu, remerciant l’ensemble des participant à l’atelier.
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VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville