Congo – Fonction publique : bousculer les codes de travail (décalage horaire, de 8 h00 à 15 h00)

Congo – Fonction publique : bousculer les codes de travail (décalage horaire, de 8 h00 à 15 h00)

Le ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Pierre Mabiala, a donné une communication, le 23 juillet 2026 au Palais des Congrès à ses administrés. Cette première rencontre avec les agents de son Ministère a porté sur le fonctionnement, la refondation, la digitalisation et la mise en cause de certains comportements vicieux et des dérives dont les agents véreux font montre. Véritable prise de contact avec les agents et cadres de son département ministériel, le ministre de tutelle exprime une volonté manifeste pour une réforme structurelle et fonctionnelle de l’administration congolaise, dans la modernisation de l’Etat.

Dans un ton ferme et assuré, Pierre Mabiala s’engage à faire une refondation significative de la Fonction publique congolaise, dans la discipline et l’amélioration des services.

En effet, dans une salle des conférences internationales du Palais des Congrès archicomble, le ministre d’Etat, Pierre Mabiala, sans détour ni langue de bois, a épinglé les maux qui minent notre Fonction publique, nos administrations en général. Devant les directeurs généraux, les directeurs centraux, les responsables des administrations publiques, les agents civils de l'État, le président de la Confédération syndicale des travailleurs du Congo (CSTC), le Secrétaire général de la Confédération syndicale et autonome du Congo (COSILAC) et tous les partenaires sociaux, le ministre d’Etat a rappelé de prime abord le décret du 24 avril 2026, lui donnant la responsabilité de diriger le Ministère de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social.

Ainsi, « pour assumer cette lourde responsabilité, le Président de la République a fixé par décret du 26 juin 2026, au titre de la Fonction publique, douze (12) attributions ministérielles, à savoir : 1- élaborer et mettre en œuvre les textes législatifs et règlementaires régissant de la Fonction publique ; 2- assurer le recrutement des agents civils de l'État et tenir à jour leurs dossiers individuels ; 3- assurer la gestion de la carrière du personnel civil de l'État ; 4- assurer aux agents de la Fonction publique, par le recyclage et les stages de qualification, une formation continue adaptée à leur mission ; 5- assurer la maîtrise des effectifs des agents civils de l'État ; 6- assurer le contrôle de la fonctionnalité, de la présence physique et de l'égalité des agents civils de l'État à leur poste de travail ; 7- promouvoir la discipline, l'éthique, la bio-ontologie et la performance des agents civils de l'État, 8- préaviser les agents civils de l'État de leur départ à la retraite ; 9- mettre à la retraite automatique les agents civils de l'État ; 10- mettre en œuvre les procédures de révocation des agents civils de l'État ; 11- rationaliser la Fonction publique, améliorer la gouvernance de l'État et digitaliser les administrations publiques ; 12- traiter toutes les questions relatives à l'application du statut général de la fonction publique », a-t-il fait savoir.

« Ces attributions que je tiens pour une obligation de résultat doivent rappeler à chaque fonctionnaire que la Fonction publique est par essence une école de dévouement professionnel. Servir l'État, c'est servir loyalement, en toute conscience professionnelle et sans discrimination ni traitement de faveur les usagers de la Fonction publique, car la Fonction publique n'est ni un privilège ni un instrument d'égalisation. Elle est une charge, un devoir et un engagement d'être au service de l'intérêt général et non de l'intérêt personnel », a déclaré avec insistance, Monsieur le ministre d’Etat.

Pour le ministre de tutelle, « la valeur d'un fonctionnaire ne se mesure ni à l'étendue de ses pouvoirs, ni aux honneurs de sa fonction, mais à l'unité avec laquelle il accomplit son devoir d'intérêt général. Cependant, l'accomplissement du devoir de fonctionnaire impose donc une rupture totale avec les comportements déviants qui font obstacle à la bonne gouvernance de notre fonction publique. Ces comportements déviants imputables à certains fonctionnaires ont pour nom, sans être exhaustifs : arnaque des usagers par des fonctionnaires véreux qui ont pris l'habitude d'exiger des sommes d'argent avant de traiter les dossiers et de délivrer les documents administratifs réputés gratuits ; la perception des salaires au détriment du contribuable congolais, par des fonctionnaires déserteurs, résidant à l'étranger ou sur le territoire national ; le maintien à charge salariale des fonctionnaires décédés ou ayant fait valoir leurs droits à la hauteur ; l'existence des nombreux fonctionnaires jouissant frauduleusement de plusieurs numéros matricules de solde, leur permettant de percevoir indument plusieurs salaires, ce qui constitue un trop perçu pour chacun d'eux ; l'existence de plusieurs fonctionnaires attributaires d'un même numéro matricule de solde. Six, l'existence des réseaux mafieux constitués des fonctionnaires indélicats et de leurs complices extérieurs à l'administration qui exigent aux citoyens des sommes d'argent avant de recevoir et de traiter leurs dossiers, soit de recrutement à la Fonction publique, soit de gestion des carrières administratives, soit de constitution de pension de l'État », a-t-il décrié.

Pierre Mabiala a stigmatisé l'absentéisme économique, les retards répétés, les négligences professionnelles caractérisées, des comportements contraires à la discipline, à l'éthique, à la déontologie et à la performance des agents civils de l'État. Mais aussi, le favoritisme et toutes autres pratiques pourtant atteintes à l'autorité de l'État.

L'abandon de postes de travail, l'inobservation de l'obligation du service public bien rendu et le manquement à l'obligation de discrétion et de secret professionnel sont autant des vices de nos agents, dans différentes administrations étatiques.

Le ministre d’Etat, en charge de la Fonction publique promet, de la manière la plus radicale à ces comportements déviants. C'est ainsi que l'éradication des comportements déviants, ancrée dans les habitudes professionnelles des fonctionnaires congolais, constitue pour lui, un objectif non négociable. Chargé de promouvoir la discipline, l'éthique, la déontologie et la performance des agences élites de l'État, j'entends pour cela entreprendre au titre des premières mesures de rationalisation de la Fonction publique congolaise.

Par conséquent, Pierre Mabiala a mis en garde ses fonctionnaires en conflit permanent avec la loi, notamment les fonctionnaires toujours absents de leur poste de travail. Afin de lutter efficacement contre ce phénomène, le gouvernement procède dès à présent à la revue générale des effectifs et des positions administratives de tous les fonctionnaires. Une commission de travail y afférente est à pied d'œuvre pour y apporter des solutions durables.

Le ministre d’Etat, Pierre Mabiala fait la promesse de veiller personnellement à la bonne tenue de ces préoccupations et la mise en musique de toutes les réformes prescrites pour l’amélioration des conditions de travail des agents de l’Etat et des performances attendues par le gouvernement de la République.

VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville