Le Ministère de la Santé et de la Population, organise du 4 au 8 mai 2026 au Grand hôtel de Kintélé, un atelier d’élaboration du plan de préparation et de réponse à une pandémie pour les agents pathogènes respiratoire au Congo. Le pays s’est engagé à renforcer ses capacités nationales de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, en conformité avec les engagements internationaux et régionaux en matière de sécurité sanitaire. Cet atelier a réuni les principaux acteurs nationaux et les partenaires techniques et financiers afin d’évaluer les capacités existantes, d’identifier les lacunes et de définir un plan de préparation national multisectoriel visant à renforcer la préparation et la réponse aux pandémies respiratoires en République du Congo. Atelier tenu avec l’appui technique et financier de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

En effet, les pandémies liées aux agents pathogènes respiratoires représentent l’une des menaces sanitaires les plus importantes pour les systèmes de santé à l’échelle mondiale. Les infections respiratoires aiguës causées par des virus émergents ou réémergents peuvent se propager rapidement à travers les frontières grâce à l’intensification des échanges commerciaux, de la mobilité humaine et de l’urbanisation. Ces pandémies peuvent entraîner des conséquences sanitaires, économiques et sociales considérables, perturbant les systèmes de santé, les économies nationales et les moyens de subsistance des populations.
Par exemple, la pandémie de COVID-19 a démontré de manière spectaculaire la vulnérabilité des systèmes de santé, face aux menaces pandémiques et a mis en évidence l’importance d’investir durablement dans les capacités de préparation, de détection et de réponse aux urgences sanitaires. Elle a également souligné la nécessité d’une coordination multisectorielle impliquant non seulement le secteur de la santé, mais également les secteurs du transport, de la sécurité, de l’éducation, de l’environnement, de l’agriculture et de la communication.
Cependant, au-delà de la COVID-19, plusieurs agents pathogènes respiratoires continuent de représenter une menace majeure pour la santé publique mondiale, notamment les virus grippaux à potentiel pandémique, les coronavirus émergents et d’autres virus respiratoires zoonotiques. Ces agents pathogènes ont la capacité d’évoluer rapidement et de provoquer des flambées épidémiques pouvant se transformer en pandémies si les systèmes de surveillance et de réponse ne sont pas suffisamment robustes.
En Afrique, les risques liés aux pandémies respiratoires demeurent particulièrement préoccupants. La région fait face à plusieurs facteurs favorisant l’émergence et la propagation rapide des maladies infectieuses, notamment l’urbanisation rapide, la forte mobilité des populations, la proximité entre les humains et les animaux, les défis liés aux infrastructures sanitaires et les capacités encore limitées de surveillance et de diagnostic dans certains contextes. Des épidémies récurrentes de maladies respiratoires, y compris les flambées de grippe saisonnière et les risques d’introduction de nouveaux agents pathogènes respiratoires, soulignent l’importance de renforcer la préparation des pays africains face aux menaces pandémiques.
En République du Congo, les données récentes de surveillance épidémiologique indiquent une circulation importante des syndromes grippaux. Selon le bulletin épidémiologique hebdomadaire du système intégré de la surveillance des maladies et riposte, plus de 36.000 cas suspects de grippe saisonnière ont été notifiés depuis le début de l’année 2026, avec une tendance à la hausse observée au cours des premières semaines de l’année.
L’analyse des tendances montre une augmentation significative des cas suspects de grippe saisonnière au cours des premières semaines de l’année, avec des incidences observées en 2024-2026 nettement supérieures à celles de 2023. Cette dynamique épidémiologique, bien qu’en partie liée au renforcement de la détection dans les formations sanitaires, constitue un signal d’alerte important qui souligne la nécessité de renforcer les mécanismes de détection précoce, d’investigation et de réponse aux maladies respiratoires dans le pays.
Dans un contexte mondial marqué par l’émergence régulière de nouveaux agents pathogènes respiratoires, ces tendances soulignent la nécessité pour les pays de renforcer leurs capacités de préparation et de réponse aux pandémies, conformément aux orientations de l’Organisation Mondiale de la Santé et aux obligations du Règlement sanitaire international (2005).
Dans ce contexte, le renforcement de la préparation aux pandémies nécessite notamment : des systèmes de surveillance épidémiologique robustes et sensibles ; des capacités de diagnostic en laboratoire performantes ; des mécanismes efficaces de coordination des urgences sanitaires ; des stratégies efficaces de communication sur les risques et d’engagement communautaire ; des dispositifs de prévention et de contrôle des infections ; une coordination intersectorielle renforcée selon l’approche ’’One Health’’.
En conséquence, l’objectif général de cet atelier est de : renforcer la préparation nationale aux pandémies liées aux agents pathogènes respiratoires à travers une planification multisectorielle et l’élaboration d’un plan de préparation national aux pandémies respiratoires.
Donc, les objectifs spécifiques dudit atelier sont de : analyser les capacités nationales existantes de préparation aux pandémies respiratoires ; identifier les lacunes dans les systèmes de surveillance, de laboratoire, de communication des risques et de réponse ; renforcer la coordination multisectorielle dans la gestion des urgences sanitaires ; actualiser les priorités nationales de préparation aux pandémies respiratoires ; élaborer un plan de préparation national avec des responsabilités claires et un calendrier de mise en œuvre.

« Nous sommes en atelier multisectoriel parce que tous les secteurs sont représentés. Afin de doter notre pays d’un plan de préparation et de réponse aux épidémies liées aux pathogènes respiratoires, parce que, nous sommes tous conscients des conséquences que la COVID, la pandémie de COVID, a causé au système national de santé, même ceux des pays les plus nantis, qui ont été durablement touchés, pas seulement les Systèmes de santé, mais aussi les économies qui ont été fragilisées à cause de cette pandémie de COVID-19 », a précisé le docteur Jean Médard Kankou, directeur de l’épidémiologie et de la lutte contre la maladie.
À l’issue de l’atelier : les capacités nationales de préparation aux pandémies respiratoires seront analysées ; les principales lacunes et priorités d’action seront identifiées ; un cadre de coordination multisectorielle est renforcé ; un plan de préparation aux pandémies respiratoires est élaboré.
VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville