Congo – Gouvernance Forestière et Climatique : la société civile œuvre pour une amélioration substantielle

La société civile a organisé, le 30 mars 2026 à l’hôtel de l’ACERAC à Brazzaville, un atelier sous la direction de la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme que préside Christian Mounzéo et l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH), avec l’appui financier de l’UKAID, une structure britannique. 

Cet atelier a eu pour objectif principal, l’évaluation des avancées significatives en matière de gouvernance forestière, climatique et foncière en République du Congo, afin d’identifier les axes prioritaires de plaidoyer pour l’année 2026. Plaidoyer fait et recommandé par la société civile congolaise. Faire le point, sans complaisance, sur l’état d’application des réformes engagées dans le secteur forestier. Christian Mounzéo a rappelé l’importance stratégique du massif forestier congolais, estimé à 23,5 millions d’hectares, soit environ 60% du territoire national. Un potentiel considérable mais, dont la gestion continue de poser des défis majeurs.

Outre l’aspect du plaidoyer, cet atelier s’inscrit dans la deuxième phase du Programma Forêt, Gouvernance, Marchés et Climat. Il vise d’ailleurs à renforcer les coalitions entre pays et producteurs et consommateurs, tout en faisant la consolidation du rôle de la société civile, dans le suivi des politiques forestières.

Cependant, « au fil des années, la République du Congo s’est engagée dans plusieurs initiatives internationales et mécanismes de gouvernance, notamment l’accord de partenariat volontaire avec l’Union européenne, la contribution déterminée au niveau national, l’initiative CAFI ou encore l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) », a fait remarquer Christian Mounzéo.

« À cela s’ajoutent des réformes internes structurantes, parmi lesquelles la loi n°33-2020 portant code forestier, le code de transparence dans la gestion des finances publiques ou encore la législation sur les bénéficiaires effectifs », a-t-il martelé.

Alors que sur le terrain le constat reste mitigé, « l’application de ces lois rencontre des défis importants », a reconnu le président de la RPDH, soulignant « un impact encore limité sur l’économie nationale et sur les droits des communautés locales et des populations autochtones ».

Pendant cet atelier, les participants issus des ONG et plateformes membres du GSOP ont : analysé les obstacles à l’application effective des réformes ; évaluer les retombées économiques de la transparence des revenus forestiers et proposer des pistes concrètes pour une gouvernance plus inclusive.

Il s’agira de définir les priorités de plaidoyer pour 2026, notamment, de renforcer la synergie entre la société civile, les institutions publiques et les partenaires techniques, afin de faire de la gouvernance forestière un véritable levier de développement durable du pays.

Aussi, au terme des travaux, les organisateurs souhaitent aboutir à une feuille de route claire : une série de recommandations stratégiques, des propositions opérationnelles et une meilleure structuration de l’action du GSOP. Un objectif ambitieux, à la hauteur des enjeux que représentent les forêts congolaises, à la fois richesse économique, patrimoine écologique et espace de vie pour des milliers de communautés, singulièrement, autochtones.

 Dans le cadre de la prise en charge de ces recommandations, le Groupe Multi acteurs (GTMA) est également interpellé ce, pour un examen et une incorporation dans leurs éventuels travaux en vue d'une proposition et des approches de solutions pour une meilleure application entre autres, des droits des communautés locales des peuples autochtones (CLPA).

Photos : DR

VALDA SAINT-VAL/Les Echos du Congo-Brazzaville