Congo-Recherche Premier ministre : profil “bâtisseur confirmé”, allergique aux discours prolongés

Dans les rues, dans les marchés, dans les taxis et même sous les manguiers, le même refrain revient : les Congolais n’attendent plus un champion de rhétorique, mais un artisan du concret. Un homme (ou une femme) capable de retrousser ses manches sans demander où se trouve la caméra.

Car soyons honnêtes : les joutes oratoires, c’est bien joli… mais ça ne fait pas jaillir l’eau des robinets. Les envolées lyriques n’allument pas les ampoules, et les promesses bien tournées ne rebouchent pas les nids-de-poule — qui, eux, ont déjà pris un abonnement à vie sur certaines routes.

Le peuple, lui, a déjà rédigé le cahier des charges. Il est simple, clair et sans fioritures :

• De l’eau potable qui coule sans rendez-vous préalable,

• De l’électricité qui ne joue plus à cache-cache,

• Des hôpitaux où l’on entre pour guérir et non pour prier,

• Des routes qui ressemblent à des routes,

• Des emplois pour éviter que le mot “débrouille” devienne une profession officielle,

• Et une éducation qui prépare à autre chose qu’à attendre.

Autrement dit, le prochain Premier ministre est attendu comme un véritable maçon au pied du mur. Pas celui qui admire le plan en expliquant combien il est beau, mais celui qui pose les briques, même sous le soleil de midi.

Le défi est immense, certes. Mais au Congo, l’espoir l’est tout autant. Et s’il faut encore un peu d’humour pour patienter, disons ceci : le peuple est prêt à applaudir, mais cette fois, seulement après les résultats.

 

Parce qu’au fond, le message est limpide : moins de paroles, plus de béton.

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville