La direction générale de l’Agence nationale de l’Artisanat (ANA) a procédé, le mercredi 25 mars 2026 au lancement officiel de la carte professionnelle numérique de l’artisan congolais à Brazzaville. la cérémonie s’est déroulée dans l’esplanade de la direction générale de l’Artisanat, sous les auspices de Madame la ministre des Petites, Moyennes Entreprises et de l’Artisanat, Jacqueline Lydia Mikolo, qui avait à ses côtés, le son collègues ministre des Postes, Télécommunications et de l’Economie numérique, Léon-Juste Ibombo, de Madame la directrice générale de l’ANA, Mireille Opa, des représentants des institutions nationale s et internationales, du directeur général-adjoint de la Société d’Exploitation et de Surveillance des Recettes (Sesur), Monsieur Antoun Abdul-Hahad, du président de la fédération nationale des artisans du Congo (FNAC), Jean de Dieu Yendza et de nombreux artisans et observateurs.
En effet, c’est pour moderniser et installer le numérique au sein de ses services que le Ministère des PMEA procède la numérisation et à la digitalisation des cartes professionnelles numériques des artisans, après l’Agence Congolaise Pour l’Emploi (APCE).
L'Agence nationale de l'artisanat initie cette opération de la digitalisation de la carte professionnelle des artisans, une étape clé pour moderniser le secteur et améliorer la visibilité des artisans congolais.

Il faut signaler que derrière cette carte, désormais digitale, donc, numérique, se dessine une transformation profonde. Pour une identification, une traçabilité, afin d’avoir un accès pratique et facile aux services publics et aux financements : l’artisan congolais, longtemps confiné à l’informel, s’offre désormais une existence administrative et économique pleinement reconnue.

Dans son allocution le président de la Fédération nationale des artisans du Congo, Jean de Dieu Yendza a en fait circonscrit l’enjeu majeur de cette opération. « Cette carte professionnelle est notre passeport, pour une meilleure visibilité. Pendant longtemps, notre secteur a été perçu comme traditionnel, voire marginal. Passeport pour la dignité, elle est la reconnaissance officielle de notre savoir-faire. Passeport vers l’avenir : la digitalisation n’est pas un obstacle, c’est un accélérateur de croissance », a-t-il déclaré.
Il a également profité de saisir cette opportunité pour faire entrer l’artisanat dans une nouvelle ère, celle de la compétitivité et de la modernité.
La ministre en charge de l’artisanat, Jacqueline Lydia Mikolo a placé cette initiative dans la vision globale de modernisation de l’État, impulsée par le Président de la République Son Excellence Denis Sassou-N’Guesso.

« Ce lancement de la carte professionnelle numérique marquera ainsi l’aboutissement d’un processus exigeant, porté par une volonté politique constante. Je félicité et salue par la même occasion cette synergie avec le Ministère de l’Économie numérique. Au-delà du symbole, les objectifs sont clairs : simplifier les démarches, réduire les délais, lutter contre la fraude, améliorer la transparence et, surtout, intégrer pleinement l’artisanat dans les politiques publiques structurées », a-t-elle martelé.
Pour Madame la ministre, « la carte digitale devient ainsi un double levier : pour l’artisan, un outil de légitimation et d’accès aux droits ; pour l’administration, un instrument de gouvernance moderne, fondé sur des données fiables et centralisées ».
Par ailleurs, Madame la DG de l’ANA a décrit quelques avancées significatives de ladite opération, salvatrice pour nos artisans. « Du point de vue technique, grâce à une base de données centralisée et biométrique, nous allons assainir le fichier national des artisans. Cette carte permettra une identification unique et infalsifiable, mettant fin aux usurpations de titres d'autrefois, l'inclusion financière et sociale, entre autres. Cette carte digitale est le socle de l'intemporalité qui facilitera l'accès de nos artisans aux services bancaires, aux micro-crédits et, à terme, à une couverture sociale adaptée. Un lien avec les plateformes gouvernementales existantes. Pour ce qui concerne le pilotage stratégique, pour l'ANA, cet outil offre des statistiques en temps réel par corps de métier et par zone géographique. C'est l'instrument qui nous permettra désormais d'orienter les politiques d'appui technique et de formation avec une précision chirurgicale », a affirmé Mireille Opa.

« A l'équipe que nous installerons ce jour, votre mission est de haute technicité. Vous avez la responsabilité de concevoir une architecture robuste, sécurisée et, surtout, accessible. L'interface doit être pensée pour l'artisan, qu'il soit à Brazzaville ou dans l'arrière-pays, vous devez garantir l'intégralité du système face aux défis de la cyber sécurité », a-t-elle interpelé.

« La digitalisation est le langage universel de la croissance au XXIe siècle. En dotant l'artisan d'une identité numérique, nous le connectons au marché national et international », a témoigné Madame la DG.
« Le chantier est vaste, les attentes sont nombreuses, mais la compétence de l'équipe qu'il présente ici nous rend optimistes. Ainsi, vive la digitalisation de nos services », a-t-elle conclu, très rassuré.

Cette digitalisation de la carte professionnelle des artisans constitue un tournant, tant social qu’économique. Mais la réforme ne s’arrête pas à la seule reconnaissance professionnelle. Elle ouvre également la voie à une meilleure protection sociale des artisans, grâce à des passerelles établies avec les organismes nationaux compétents.
Un progrès majeur, dans un secteur où la précarité reste une réalité quotidienne. « La dignité du travail artisanal doit aussi se traduire par une sécurisation sociale », a précisé Madame la ministre.

A l’issue de cette cérémonie de lancement officiel, une remise symbolique des cartes digitales a été effectuée aux premiers bénéficiaires. Une photo de famille a été prise pour la postérité et l’archivage du secteur.
VALDA SAINT-VAL/Les Echos du Congo-Brazzaville