Dans la ville d’Oyo, au nord du Congo, un phénomène s’impose de plus en plus comme une réponse concrète aux défis du transport urbain : les taxis-motos, communément appelés “Wewa”. Longtemps perçus comme une solution de dépannage, ils sont aujourd’hui devenus un maillon essentiel de la mobilité, transformant en profondeur les habitudes de déplacement des populations.

Dès les premières heures de la journée et même tard dans la nuit, ils envahissent les artères de la ville, moteurs vrombissants et casques bien ajustés, prêts à braver le soleil ou le froid et parfois les embouteillages. Les “Wewa” offrent une rapidité et une flexibilité que peu d’autres moyens de transport peuvent égaler. Là où les taxis classiques hésitent ou refusent de s’aventurer, eux passent, desservant des quartiers enclavés et rapprochant les citoyens des services essentiels.

Au-delà de leur rôle pratique, les taxis-motos constituent une véritable bouffée d’oxygène économique. Pour de nombreux jeunes d’Oyo, ils représentent une opportunité d’emploi accessible, un moyen digne de subvenir à leurs besoins et de soutenir leurs familles. Dans un contexte où les perspectives professionnelles peuvent être limitées, le secteur des “Wewa” apparaît comme un levier d’insertion sociale et d’autonomisation.
« Nous connaissons chaque coin de la ville. Même la nuit, nous sommes disponibles pour servir la population », explique un conducteur de Wewa.
Au-delà de leur rôle dans le transport, les Wewa participent activement à la lutte contre le chômage. Pour de nombreux jeunes, cette activité constitue une source de revenus stable et un tremplin vers une autonomie financière.
« Être Wewa m’a permis de subvenir à mes besoins et d’aider ma famille », témoigne un jeune conducteur.
Mais leur impact ne s’arrête pas là. Ils participent aussi à la dynamisation du tissu urbain en facilitant les échanges commerciaux. Marchands, élèves, fonctionnaires ou encore patients en quête de soins urgents : tous trouvent dans ces motos une solution rapide, souvent indispensable. Les “Wewa” deviennent ainsi des acteurs discrets mais incontournables du développement local.
Cependant, cette ascension fulgurante n’est pas sans défis. La question de la sécurité routière, du respect des règles de circulation et de la formation des conducteurs reste cruciale. Structurer davantage ce secteur, encourager le port systématique du casque et instaurer des cadres réglementaires adaptés pourraient permettre de pérenniser cette activité tout en protégeant les usagers.

Malgré ces enjeux, une chose est certaine : à Oyo, les taxis-motos “Wewa” ne sont plus une simple alternative. Ils incarnent une solution salvatrice, une réponse agile et humaine aux réalités du terrain. En redessinant les contours de la mobilité urbaine, ils prouvent qu’avec ingéniosité et détermination, même les défis les plus complexes peuvent trouver des réponses locales, efficaces et durables.


Travailleurs de nuit, voyageurs en retard, urgences médicales ou simples besoins de déplacement imprévus : les taxis-motos deviennent alors indispensables. Ils apportent une réponse immédiate là où les alternatives font défaut, offrant aux habitants un sentiment de sécurité et de liberté de mouvement, même à des heures tardives.

Cette présence nocturne au bord de l’Alima témoigne aussi du courage et de la détermination de ces conducteurs. Ils continuent de servir la population avec un sens du devoir remarquable. Leur engagement dépasse le simple cadre professionnel : il s’agit d’un véritable service rendu à la communauté.


Aujourd'hui, quelques autres villes congolaises développent le transport au moyen des « wewas ». Il s'agit de Sibiti dans la Lékoumou, de Dolisie dans le Niari, Nkayi dans la Bouenza, et Pointe-Noire, la capitale économique.
Ce corps de métiers apporte du sang neuf dans le monde du transport, une vraie valeur ajoutée. Cette réponse est la bienvenue aux problèmes de transport dans les villes congolaises.
Un business qui soulage plusieurs jeunes congolais étranglés par le chômage.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville