Congo : Anatole Collinet Makosso défend bec et ongles la nomination de Denis Christel Sassou N’Guesso

Le Premier ministre congolais, Anatole Collinet Makosso, a défendu bec et ongles la nomination de Denis Christel Sassou N’Guesso, l’un des fils du Président de la République du Congo, comme ministre de la Coopération internationale et de la promotion du partenariat public-privé.

«Ils n’ont pas bien lu l’article 15 de la Constitution. Il nous dit bien, à son alinéa 2 : ‘’ Nul ne peut être favorisé ou désavantagé en raison de son origine familiale, ethnique, de sa condition sociale, de ses convictions politiques, religieuses, philosophiques ou autres’’. Quand on a lu cela, on ne voit pas comment on peut continuer à entretenir la polémique sur l’entrée au gouvernement d’un compatriote, au motif qu’il serait de telle famille et que dans cette hypothèse on voudrait le préparer à telle destination », a déclaré le chef du gouvernement congolais sur les antennes de RFI.

En mai dernier, le ministre de la Communication congolais et porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla réagissant aux propos de Me Bourdon, fondateur de l’association Sherpa qui avait estimé que la désignation au sein du nouveau gouvernement congolais de Denis Christel Sassou-N’Guesso, est une sorte « d'abri judiciaire » avait déclaré que seul le parcours de Denis Christel Sassou-N’Guesso est lié à sa nomination dans le gouvernement.

« Le ministre Denis Christel Sassou-N’Guesso a un parcours personnel, professionnel et politique qui justifie amplement, au-delà de considérations complètement absurdes de maître Bourdon, sa nomination au gouvernement de la République. Il est membre d’un grand parti politique, député… Il a, à la tête d’une fondation Perspective d’avenir, mise en place des actions caritatives qui sont connues de tous les Congolais… L’évolution de sa carrière est tout à fait logique et son patronyme n’y est pour rien. Le gouvernement de la République considère de tout temps que les ingérences dans des affaires ou des pseudo-affaires congolo-congolaises n’ont pas lieu d’être. Et cet impérialisme judiciaire doit un jour cesser » avait répondu Thierry Moungalla sur RFI.

Le fils du chef de l'État hérite d’un portefeuille fraîchement créé pour l'occasion, celui de la Coopération internationale et de la Promotion du partenariat public-privé.

La passation de service avec le ministre des Affaires étrangères, de la francophonie et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso, qui avait en charge le portefeuille de la Coopération dans le précédent gouvernement, a été l’occasion pour Denis Christel Sassou-N’Guesso, d’esquisser les grands axes de son action à la tête de ce département qui va à l’évidence, s’atteler au management du développement.

Ministère de la Coopération internationale et de la Promotion du partenariat public/privé : le vocable est nouveau au Congo. Pourtant, cet intitulé s’inscrit en droite ligne de la vision de Denis Sassou N'Guesso d’impulser une véritable dynamique du développement, sous-tendue par la Coopération et le Partenariat, par la création d’un département ministériel dévolu à cette mission.

En prenant ses fonctions, Denis Chrystel Sassou-N’Guesso a exprimé son ambition de donner une impulsion encore plus grande à la Coopération internationale et d’attirer les investisseurs dans le pays. De ce fait, il a promis mettre bientôt en chantier un projet de loi sur le partenariat public/privé, afin de baliser le cadre juridique qui est sans conteste, un élément de mise en confiance des partenaires.

L’homme entend apporter une touche particulière à la gestion des affaires publiques, par son esprit créatif et sa capacité à faire bouger les choses.

Denis Christel Sassou-N’Guesso a pris date avec les congolais qui devront le juger aux résultats, dans ce grand ensemble de décisions qu’est le gouvernement, même si beaucoup voient avant tout en lui, "le fils du Père".

Une position qu'il assume et qui va sans doute le pousser à s'affirmer davantage et à montrer sa capacité à faire le pont entre l'État, les milieux de pouvoir, et la société congolaise.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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