Crise libyenne : Sassou Nguesso n’a pas été prévenu par la France de la rencontre entre les frères ennemis libyens

Le président du comité de haut niveau de l'Union africaine sur la Libye, Denis Sassou Nguesso n'a pas été prévenu par le gouvernement français de la rencontre entre les frères ennemis libyens Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar à La Celle-Saint-Cloud, non loin de Paris.

Côté français, la mise à l’écart du comité de l’UA n’est pas fortuite.

Un proche du président français Emmanuel Macron souffle : « Pour nous, la solution de la crise libyenne ne passe pas par Denis Sassou Nguesso».

Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est dirigée par deux autorités rivales, divisée entre deux camps politiques qui se disputent le pouvoir et ne parviennent pas à s’entendre: un gouvernement d’union nationale basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, dont le chef Fayez al-Sarraj, éprouve toutes les peines du monde à asseoir son autorité ; et un parlement siégeant à Tobrouk dans l’est du pays, lié au maréchal Haftar qui contrôle le Croissant pétrolier, une région du nord-est de la Libye, où se trouvent quatre principaux sites pétroliers, en l’occurrence Zoueitina, Brega, Ras Lanouf et Al-Sedra.

Khalifa Haftar s’est ainsi imposé comme interlocuteur incontournable, les terminaux pétroliers étant indispensables pour faire repartir les exportations d’hydrocarbures. Ces exportations sont vitales pour le financement de l’administration et des services publics, car elles représentent 90% des recettes de l’Etat.

Dans ses allées et venues ininterrompues et conformément aux objectifs que l’Union africaine s’est fixés sur le dossier libyen, le président congolais, Denis Sassou-Nguesso se démène, consulte à intervalles réguliers, entame des négociations directes et indirectes avec les hommes-clés du conflit, discute sans discontinuer des conditions d’une solution politique consensuelle à la crise libyenne.

Le souci étant pour le président congolais de persuader les protagonistes de s’entendre et de s’unir, pour enfin tenter, pourquoi pas un jour, de rassembler les dirigeants rivaux autour de la table du dialogue.

Une solution durable de sortie de crise s’impose donc en Libye. Et dans la recherche de celle-ci, Denis Sassou-Nguesso a un pas d’avance sur la France de Macron.

Germaine Mapanga

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