Le timing interroge, le chef d’accusation interpelle. Deux Norvégiens et Petronor seraient inculpés pour «corruption aggravée» à «grande échelle» au Congo-Brazzaville. Et soudain, comme s’il s’agissait d’une campagne de communication savamment organisée, le blitz médiatique s’empare des rédactions préposées, pour maximiser l’impact de l’action de sape à l’encontre du Président congolais. Simple coïncidence ou travail concerté à l’approche de la présidentielle?
La présidentielle de mars s’affiche en ligne de mire, qu’à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, des actions se mettent en branle pour brouiller le message destiné aux congolais.
Si à l’intérieur du pays, un certain Frédéric Bintsamou dit pasteur Ntoumi prétendument ‘’acteur de paix’’ dont les hommes ont pourtant paradé avec un arsenal militaire planqué en attendant de s’en servir à nouveau au moindre prétexte, porte entorse à la dynamique de paix à laquelle appelle de tout temps le Président de la République, comme dans une action concertée, à l’extérieur du pays, la contre-propagande devant affecter le candidat Denis Sassou N’Guesso, s’est également mise en branle à travers des allégations ne répondant nullement aux préceptes du droit, notamment dans la prétendue affaire Petronor.
Il est clair et sans équivoque que cette affaire ne concerne en rien les autorités congolaises, concernant certaines interprétations et extrapolations faisant suite à des informations relatives à une procédure judiciaire engagée par les autorités norvégiennes à l’encontre de ressortissants norvégiens et d’une filiale d’une entreprise pétrolière.
Contrairement à ce qui a pu être affirmé ou suggéré, aucune mise en cause judiciaire directe des autorités congolaises n’a été officiellement établie à ce stade.
Les éléments communiqués par l’autorité norvégienne de lutte contre la criminalité économique concernent exclusivement des personnes physiques et morales de nationalité norvégienne, poursuivies au regard de la législation norvégienne.
Aucune décision de justice, aucun acte d’inculpation ni aucun document judiciaire public ne désigne formellement le président de la République du Congo encore moins, une institution congolaise comme mis en cause dans cette procédure. Pourtant, de nombreux médias ayant pignon sur rue, aux programmes tournés vers l’Afrique et notamment le Congo, ont fait en toute légèreté, des allégations, un coup de com.
Il convient ici de rappeler le principe fondamental de la présomption d’innocence, qui s’impose aussi bien aux juridictions qu’aux médias.
Assimiler des enquêtes étrangères à des condamnations, ou établir des liens de responsabilité sans base judiciaire avérée, constitue une dérive préjudiciable à l’information juste et équilibrée du public. À moins que cette manœuvre ne cache des desseins sordides inavoués.
S’agissant du secteur pétrolier congolais, il est important de souligner que l’attribution des permis d’exploration et d’exploitation obéit à un cadre réglementaire défini par les lois de la République, ainsi qu’aux engagements internationaux souscrits par l’État, notamment en matière de transparence et de gouvernance des ressources naturelles. Aucune preuve officielle ne vient étayer l’hypothèse d’une corruption institutionnalisée.
Aussi appelons-nous ces confrère en mal d’audimat et du sensationnel, à un traitement rigoureux, responsable et factuel de l’actualité internationale. Le rôle d’un organe de presse n’est ni de condamner par anticipation, ni de relayer des accusations non établies, mais d’informer avec discernement, en s’appuyant sur des faits vérifiés et des sources crédibles, sans se prêter aux amalgames et aux lectures partisanes de dossiers judiciaires en cours. Toute vérité définitive ne pourra émerger que de décisions rendues par les juridictions compétentes. D’ici là, la rigueur, l’équilibre et le respect des principes du droit doivent demeurer la boussole de l’information.
Les congolais ne sont pas dupes. Il est désormais courant pour eux, de voir leur pays, sinon leurs dirigeants et notamment des personnalités ciblées de la famille présidentielle, faire l'objet de campagnes insidieuses, de déstabilisation, voire de dénigrement, chaque fois que des avancées tendent à s'opérer, dans la marche du pays. Les élections à venir sont hélas une occasion pour les thuriféraires de la désinformation de se mettre à la tâche, comme ils l’ont toujours fait en de pareilles occasions.
Si ce n'est de l'intérieur, avec une certaine opposition "es dénigrement " des donneurs de leçons tout azimut, c'est de l'extérieur, que des juges aux ordres d’on ne sait qui, ou certaines ong, achèvent le travail de sape. Des dossiers de prétendus détournements de deniers publics sont montés en épingle, au seul but d’atteindre le Président congolais ou sa famille.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville