Dans une déclaration rendue publique, le CNR de Frédéric Bintsamou dit pasteur Ntoumi, récuse sa responsabilité dans les incidents de Mindouli. Le ‘’pasteur Ntoumi’’ tente de se défausser sur le gouvernement et les autres partenaires, notamment le Haut-commissaire à la réinsertion des ex combattants, Euloge Landry Kolelas, oubliant que ses hommes ont paradé avec des armes de guerre et ouvert le feu contre les Forces régulières de la DGSP, actant de facto un flagrant délit d’acte terroriste qui en toute logique mérite répression de la part de tout État responsable.
Il est de tradition que suite à une fâcheuse situation, que l'on se penche davantage sur les conséquences que les causes pour l’analyser, comme si on éludait la vérité des causes permissives de la situation ainsi causée.
Les incidents survenus à Mayama et ayant eu des répercutions à Mindouli, avant des frappes par hélicoptères sur des bastions du "pasteur Ntoumi" à Mihété dans le district de Vindza, appellent à une analyse expurgée de la victimisation dont veut s'entourer Frédéric Bintsamou allias pasteur Ntoumi, tentant de justifier l'action guerrière de ses hommes, comme si à travers la République, les mêmes faits avaient produits les mêmes effets.

Frédéric Bintsamou, un acteur de paix en trompe l'œil
L'escarmouche de Mindouli aura montré que même s'il a toujours parlé de paix, quand les circonstances l'exigent et semblent l’arranger, les propos du "pasteur Ntoumi" n'ont de réel, en matière de paix, que les mots qui les expriment.

L’homme est visiblement animé d’autres desseins contraires à la paix. Car, comment comprendre que ses hommes soient lourdement armées, dans un pays où la loi proscrit à tout civil, la détention d’une arme de guerre.

Même le soldat n’en est doté que dans des cas précis de mission avec des règles d’engagement et des protocoles bien définis.
Le pasteur Ntoumi a toujours acté avoir restitué les armes en sa possession lors d’une cérémonie solennelle à Kinkala. Cela n’était qu’une diversion, rien d’autre.

Le moindre incident qui aurait dû se régler par d’autres moyens, a prouvé qu’il détient par devers lui une capacité de nuisance et qu’il a toujours gardé le doigt sur la gâchette.
En refusant de prendre ses fonctions de délégué général, Ntoumi s’imposait déjà en pourfendeur de la paix
Quand le 28 décembre 2009, Frédéric Bintsamou est nommé délégué général auprès du président de la République, chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre, avec à la clé un vaste logement de fonction à sa disposition, il s’agit pour le Président Denis Sassou N’Guesso de prendre véritablement de la hauteur, agissant en père de la Nation.
« Promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre », cela aurait permis au ‘’pasteur Ntoumi’’ d’être au cœur de la recherche de solutions pour des situations dont il avait lui-même connaissance. Or, plutôt que de saisir cette main tendue, l’homme s’est illustré par des attitudes contraires à celles qu’il aurait dû promouvoir, en dépit de ce qu’il percevait ses émoluments. Il sera resté un délégué général fictif, jusqu'au 6 avril 2016, date à laquelle il a été relevé de ses fonctions par le président Denis Sassou N'Guesso. Quel gâchis !
Qu’il soit donc entendu que lorsque le Conseil national des Républicains (CNR) monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de graves atteintes au processus de paix en République du Congo, affirmant que les « ennemis de la paix » seraient déterminés à saboter les acquis obtenus au prix de lourds sacrifices humains, en particulier dans le département du Pool et la zone de Djoué-Léfini, il oubli, ainsi qu’on le dit en lari, « ndoki gâ mâlu mau yé » (le sorcier est en leur sein).

Professant la paix du bout des lèvres, le pasteur Ntoumi en est moins l’artisan. À moins d’être un rebelle, un civil ne fait pas la paix avec une kalashnikov en bandoulière.

Dans sa déclaration, le CNR « prend également à témoin l’opinion publique nationale et internationale, estimant que le gouvernement porterait l’entière responsabilité des actes qu’il juge répréhensibles et contraires à la paix, à la démocratie et à la cohésion nationale. »

Obtus sur ses propres agissements contraires aux lois et règlements de la République, le CNR oubli de reconnaître que les armes de guerre brandies par ses hommes qui ont ouvert le feu sur des éléments de la Force publique, lesquels ont réagi en conséquence, prouvent bien que leur chef le pasteur Ntoumi entretien un double discours.
Les départements du Pool et du Djoué-Léfini pris en otage par Ntoumi
Même si le CNR et les affidés du pasteur Ntoumi éludent les causes de la crise, tout serait parti de deux cyclomoteurs incendiés par des éléments de la DGSP dont l’opération, avouons-le, est d’envergure nationale avec un mode opératoire similaire partout où des faits repréhensibles ont été constatés, en matière de détention et d’usage de cyclomoteurs, puisque c’est l’élément déclencheur.

À Oyo, dans le département de la Cuvette, des cyclomoteurs ont été brûlés. La paix véritable étant passée par là et les armes ramassées depuis des lustres, pas un seul ancien cobra n’a fait usage d’une arme, à défaut d’une carabine de chasse, pour en découdre avec la DGSP. En dépit de ce qu’ils ont certes boudé la perte de leurs cyclomoteurs, ce qui est une attitude normale, tous se sont pliés à la Force républicaine.

À Dolisie, des cyclomoteurs ont été brûlés. Pourtant, pas un seul ex cocoye, s’estimant dans son bon droit, n’est apparu avec une arme pour affronter les éléments de la DGSP. Non, cela ne pouvait être possible, car la paix faite en leur temps par les ex cocoyes qui ont gommé de leur mémoire jusqu’à cette appellation, est une paix véritable, celle qui s’absout de toute violence, qui promeut la compréhension, le dialogue, plutôt que le conflit.

Ex cocoyes certes, ils ont dit leur frustration par les canaux autorisés, prouvant qu’ils ont tourné à jamais ces pages douloureuses de triste mémoire et juré : « plus jamais ça ! »
Pourquoi donc deux cyclomoteurs brulés à Mayama auraient-ils provoqué une réaction guerrière de la part de ceux qui se présentent comme des « ex » ninjas-nsilulus ?
Armés ainsi qu’ils le sont, ils ont le statut de rebelles ninjas dont ils ne se sont jamais départis et usent de fait du grand banditisme, en témoigne l’arsenal de guerre dont ils ont à disposition, et que leur chef, le pasteur Ntoumi qui n’a nullement une dotation officielle des éléments assurant sa garde, et qui s’illustre donc en chef de bande, ne peut feindre d’ignorer. Cela est le summum du grand banditisme qui se doit d’être éradiqué sans commune mesure, car ainsi armés, ces ninjas-nsilulu sèment la peur et instillent la terreur auprès des paisibles populations qui hélas ne peuvent faire face à des hommes armées qui du restent les prennent en otages. La présence des hommes armées du pasteur Ntoumi à proximité de la route nationale en réduit les conditions de libre circulation des personnes et des biens.

Normal que dans ces conditions, la DGSP ait recouru à une action ponctuelle, pour traiter en temps et en heure une menace spécifique. C’est aussi cela, donner force à la loi. Dans aucun pays au monde, de tels actes terroristes ou de grand banditisme, seraient restés impunis. Du reste, l’opération a pris fin, ainsi que l’a prescrit le directeur général de la sécurité présidentielle dans sa levée de consigne.

Les ex ninjas épris de paix ont adhéré de façon irréversible à l’action Haut-commissariat à la réinsertion des ex combattants
N’en déplaise au pasteur Ntoumi qui entretient encore autour de lui un groupuscule d’hommes armées, au mépris de la parole donnée, la consolidation de la paix et l’assise du processus DDR dans le Département du Pool sont désormais des réalités dont les résultats sont palpables.
Aiguillé par la feuille de route édictée par le Président Denis Sassou N’Guesso, le Haut-commissaire à la Réinsertion des Ex-Combattants, Euloge Landry Kolelas, avec l’appui des partenaires bilatéraux et multilatéraux, mène un travail « titanesque », avec de réelles avancées dans les objectifs d’un relèvement communautaire tant souhaité et recommandé au cours de plates-formes locales de dialogues et d’échanges intercommunautaires.

Le projet « Bissalu bia kidzunu » autrement dit (les dividendes de la paix) a permis le financement d’un ensemble d’activités génératrices de revenus et procurant l’autonomie financière aux ex combattants et à leurs familles.

Le processus a été couronné par l’opérationnalisation du PDDR, avec 20.000 bénéficiaires, avec la spécificité d’être un programme post-conflit à vocation de stabilisation sociale, politique et économique du département du Pool en particulier et de la Nation congolaise en général.

Acté par le projet « Tatoungéno », le programme s’appuie sur la problématique du DDR, la consolidation de la paix et la cohésion sociale par le renforcement des activités économiques et sociales, ainsi que par la réduction des violences sociales.
Sous l’égide du Haut-commissariat à la réinsertion des ex combattants et le soutien des partenaires, ce projet a permis d’explorer une expérience inédite ayant débouché sur la formalisation et le financement de 194 groupements basés sur 2029 ménages et 120 groupements mixtes, composés essentiellement de jeunes et femmes, dans le district de Goma tsé-tsé, la commune de Kinkala, le district de Kinkala, le district de Mindouli et la commune Urbaine de Mindouli.

Les actions de réinsertion qui se réalisent sur le terrain, notamment sur le volet agricole se révèlent être véritablement génératrices de revenus. À Goma Tsé-tsé, les groupements ‘’ Ntsamina’’ et ‘’Le beau temps’’ sont pleinement investis au maraichage.

Ces groupements, soutenus par le Haut-Commissariat à la réinsertion des ex combattants, à travers les projets sous tutelle, contribuent en partie au ravitaillement des marchés de Brazzaville.

De bon augure pour redonner à Goma Tsé-tsé la vie qui y revient timidement, à travers la réactivation des ses viviers de production agricole.

De tels exemples se généralisent auprès des ex combattants qui se disent avoir perdu du temps à suivre un pseudo illuminé (tchiwuni) qui les aura floué. Peut-être cela justifie t-il pour les adeptes encore coincés sur la logique du pasteur Ntoumi, l'animosité qu'ils vouent à Euloge Landry Koleslas, l'accusant d'instrumentaliser le gouvernement et la DGSP pour en découdre avec le pasteur Ntoumi. Une hérésie de plus pour des gens qui pensent être investis d'un pouvoir divin, celui de règner sur le Pool et le Congo.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville