Port de Yoro : L'État étudie les modalités pour exproprier les riverains en vue de construire des voies d’accès au chantier

Les travaux d’élargissement du débarcadère secondaire de Brazzaville piétinent et connaissent un grand retard d’avancement. Pour cause, l’État congolais est en train d'étudier les modalités pour exproprier les riverains en vue de construire des voies d’accès au chantier du port de Yoro, après la pose de la première pierre en avril 2018, par le président Denis Sassou N’Guesso et le roi Mohammed VI du Maroc.

Le retard dans le démarrage effectif des travaux du port de Yoro, une succursale du port autonome de Brazzaville, est dû aux difficultés financières. Une commission a été mise en place et n’attend que les fonds pour commencer le travail.

Les pêcheurs sont impatients de voir pousser les premières fondations. Regroupés au sein de la coopérative des pêcheurs de MPila, dans le sixième arrondissement de Brazzaville, ceux-ci comptent sur la concrétisation de ce projet pour accroître leurs revenus.

Fruit d’une coopération agissante entre le Maroc et le Congo, le port de Yoro dont le cout estimé à 3,250 millions de dollars est entièrement financé par le royaume chérifien en vue d’améliorer les conditions de travail des pécheurs, de lutter contre la précarité et la pauvreté et enfin, d’augmenter les performances économiques de la pêche artisanale au Congo.

Prévu sur une superficie de plus d’un (1) hectare au bord du fleuve Congo, le port de Yoro qui servira aussi de cadre pour l’organisation et l’encadrement de la profession de la pêche, sera doté de 150 magasins, d’une chambre froide, d’un atelier mécanique, d’un local de matériel de pêche ainsi qu’un atelier de réparation des pirogues.

Hommage à Yoro Thiam, né le 7 février 1893 au Sénégal, ce dernier débarqua au Congo dans les années 1920 dans le cadre de la construction du chemin de fer Congo-Océan (CFCO), dont il était chef de chantier. À la fin des travaux, il confia à Raphaël Antonetti, le gouverneur général de l’Afrique-Équatoriale française (AEF), devenu son ami, qu’il venait d’une famille de pêcheurs.

À l’époque, les locaux ne pratiquaient que la pêche à l’épervier sur de petites pirogues, aussi Antonetti encouragea Yoro Thiam à lancer « la grande pêche » sur le Congo et lui octroya un vaste terrain le long du fleuve, dans le quartier de Mpila. C’est ainsi que « Baba » (surnom que lui a donné la communauté musulmane de Brazzaville) a introduit la pêche à grande échelle sur le fleuve (utilisant des filets de 800 m de diamètre), et qu’est né le port qui porte encore son nom.

Yoro Thiam est décédé le 25 février 1975.

Jack de MAÏSSA / Les Echos du Congo Brazzaville

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