Le franc CFA a besoin de stabilité, de solidarité, de fluidité et de sécurité (Calixte Nganongo)

Le franc CFA a besoin de stabilité, de solidarité, de fluidité et de sécurité (Calixte Nganongo)

Le ministre congolais des Finances et du budget, Calixte Nganongo a déclaré que le franc CFA, officiellement franc de la Communauté financière africaine, avait besoin de stabilité, de solidarité, de fluidité et de sécurité.

«Ce qui permet à une monnaie d’être solide, c’est la structuration de l’économie. Mieux vaut être ensemble que d’aller seul », a déclaré l’argentier congolais lors de la réunion des ministres des Finances de la zone Franc, c'est-à-dire des ministres de l'UEMOA, de la CEMAC et des Comores à Brazzaville.

S’agissant de la dévaluation du franc CFA, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire a indiqué qu’elle n’était pas envisagée, cette monnaie n’étant pas surévaluée.

«La zone franc est un héritage historique. Nous sommes prêts à la faire évoluer si les pays africains le souhaitent. Une même zone monétaire procure de la stabilité », a souligné Bruno Le Maire.

Créé en 1945, le franc CFA est le nom de deux monnaies communes de plusieurs pays d'Afrique constituant en partie la zone franc. Il a une parité fixe avec l’euro et les pays de la zone franc ont l’obligation de déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor public français.

Selon un rapport de la zone franc, la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale) et la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), les deux banques centrales de la zone franc, disposaient en 2005 de plus de 3 600 milliards de francs CFA (environ 72 milliards d’euros) auprès du Trésor français.

Le franc CFA est-il un frein au développement des pays africains qui l’utilisent ?

La monnaie doit être au service de la croissance et du développement. Pour cela, il faut des crédits. Or le ratio crédit à l’économie sur PIB dans les pays de la zone franc est de 23 % quand il est de plus de 100 % dans la zone euro. [Si bien qu’il] est quasiment impossible pour nos pays de rattraper les économies émergentes si le franc CFA reste arrimé à l’euro.

La question de la souveraineté qui sous-tend ce débat est plus que légitime. Car, il est inconcevable que 55 ans après les indépendances, les pays de la zone franc continuent d’avoir une monnaie physiquement fabriquée en France, d’avoir leurs réserves de change déposées auprès du Trésor public français.

Mais il ne faut pas penser que la monnaie est l’alpha et l’oméga du processus de développement et de croissance de l’Afrique. Il y a des questions liées à la gouvernance et à la démocratie, à la productivité et à la compétitivité que nos pays doivent résoudre.

La France a officiellement ouvert le débat, si l’on s’en tient aux déclarations de François Hollande, en octobre 2012, à Dakar, où il encourageait les gouverneurs de nos banques centrales à utiliser de façon plus active les réserves de change dont les Etats de la zone franc disposent auprès du Trésor public français.

Peut-on demander plus ? On ne peut pas en même temps revendiquer notre indépendance et attendre que ce soit l’ancien colonisateur qui nous donne l’autorisation d’agir. C’est à nous de demander à utiliser de ce qui nous revient. C’est seulement s’il y a blocage que nous pourrions faire un procès d’intention à la France.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo Brazzaville