A Obouya, dans le département de la Cuvette (nord), une dynamique silencieuse mais puissante se déploie chaque jour : celle des femmes congolaises courageuses qui, à travers la vente des mabokés, façonnent leur autonomie et assurent la survie de leurs familles.
Dès les premières heures du matin, les marchés et les abords des routes s’animent. Dans une ambiance chaleureuse, les effluves du poisson ou de la viande soigneusement enveloppés dans des feuilles et cuits à l’étouffée — les célèbres mabokés — attirent passants, voyageurs et habitués.

Derrière ces mets savoureux se cachent des femmes déterminées, véritables piliers de l’économie locale.
Pour ces vendeuses, le maboké n’est pas qu’un simple plat traditionnel : c’est un levier de dignité. Grâce à cette activité, elles parviennent à subvenir aux besoins essentiels de leurs foyers — alimentation, scolarité des enfants, soins de santé — dans un contexte souvent marqué par la précarité.

« Le maboké, c’est notre force. Avec ça, je nourris mes enfants et je garde espoir pour leur avenir », confie une vendeuse, le regard empreint de fierté.
« Nous n’avons pas toujours de grands moyens, mais nous avons le courage et le savoir-faire », ajoute une autre, en ajustant ses feuilles avant la cuisson.

Au-delà de l’aspect économique, cette activité valorise également un patrimoine culinaire profondément ancré dans la culture congolaise. Les femmes d’Obouya perpétuent ainsi un savoir-faire ancestral, tout en l’adaptant aux réalités modernes. Leur engagement force l’admiration. Elles incarnent une forme de leadership discret mais essentiel, où la persévérance et la solidarité deviennent des moteurs de transformation sociale.

« Chaque maboké vendu est une victoire contre les difficultés », résume une doyenne du marché.

À Obouya, ces femmes ne se contentent pas de vendre un plat : elles racontent une histoire — celle de la bravoure, de la dignité et de l’espoir.

Une leçon de vie qui mérite d’être célébrée et soutenue.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville