La saison sèche s'est solidement installée à Sibiti, dans le département de la Lékoumou, et avec elle, un froid devenu la véritable vedette des conversations. Dès les premières heures de la matinée, les rues se remplissent de silhouettes emmitouflées dans des vestes, bonnets et autres équipements de survie contre les températures capricieuses.
Mais s'il y a une victime collatérale de cette offensive climatique, c'est bien l'eau du bain. Jadis fréquentée sans hésitation, elle est aujourd'hui observée avec méfiance, parfois même à bonne distance. Certains citoyens avouent négocier longuement avec leur courage avant d'approcher le seau ou la douche. D'autres préfèrent attendre que le soleil signe enfin son contrat de présence avant toute tentative de rapprochement avec l'eau froide.
Dans plusieurs quartiers, les commerçants et les fonctionnaires rivalisent d'anecdotes sur leurs exploits matinaux face au froid.

Ici, on raconte avoir plongé un doigt dans l'eau avant de battre précipitamment en retraite. Là, un autre affirme avoir passé plus de temps à préparer son bain qu'à se laver.
Malgré ces petites batailles quotidiennes, les habitants de Sibiti gardent leur bonne humeur. Car le froid, aussi tenace soit-il, rappelle également la beauté particulière de cette saison sèche qui enveloppe la ville d'une atmosphère paisible et rafraîchissante.
À Sibiti, une chose est désormais certaine, en cette période de l'année, le courage ne se mesure plus seulement aux actes héroïques, mais aussi à la capacité de regarder un seau d'eau froide droit dans les yeux et d'y entrer volontairement.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les echos du Congo-Brazzaville
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