Congo - Mondial 2026 : Comme un ambassadeur du pays qui l’a vu naitre, Brice Samba rehaussera la fierté de nombreux congolais à la Coupe du monde

Le sélectionneur français Didier Deschamps a retenu Mike Maignan, Brice Samba et Robin Risser pour le Mondial 2026. Né à Linzolo, au Congo-Brazzaville, Brice Samba a gravi les échelons du football mondial jusqu’à devenir gardien de l’équipe de France. Brice Samba va participer à la Coupe du Monde presque en ambassadeur du pays qui l’a vu naitre.

Même s’il n'arbore pas les couleurs des Diables rouges du Congo-Brazzaville, Brice Samba a toujours porté le Congo en lui. Le joueur a un parcours exceptionnel qui illustre le talent, la persévérance et le travail d’un enfant du Congo devenu une référence au plus haut niveau.

À 32 ans, le gardien n° 2 des Bleus Brice Samba s’apprête à vivre sa première Coupe du monde, et il en manifeste une légitime fierté.

« Un rêve de gosse tout simplement. Parce que c’est le summum du football, une Coupe du monde. Je suis très fier de pouvoir y participer avec une Nation comme la France. C’est beaucoup de reconnaissance envers mon travail, parce que je n’ai jamais rien lâché, j’y ai toujours cru, et ce sont des belles histoires que je raconterai à mes petits-enfants. »

Entre la France et le Congo, son cœur a toujours balancé, c’est le réalisme qui l’a emporté.

« Plus jeune, j’ai été sollicité par le Congo. Mais j’ai toujours cru que je pouvais arriver en équipe de France grâce à mes qualités et ce que je pouvais faire sur le terrain. Il fallait juste que tout soit aligné pour que mon potentiel ressorte. Ça me rend fier parce que j’ai intégré l’équipe de France à 27-28 ans. De nos jours, c’est peut-être tard. Mais pas pour moi. Chacun vient à maturité en son temps. »

Au Congo, le nom Brice Samba fait référence à celui de son père lui aussi excellent gardien du but du Kotoko de Mfoa, des Diables noirs et de l’équipe nationale des Diables rouges. Ses performances dans les buts et son talent le placent au nombre des grands gardiens que le pays a connus.

De père en fils, les Samba Brice ont su mouiller le maillot avec grandeur et honneur, en club comme en équipe nationale, même si père et fils ont eu chacun la sienne, quoique le Congo fédère leur cœur.

Voila qui replace ce nom dans la légende qui l’accompagne, celle de nos manuels de lecture d’antan, quand Samba tua le Ginarou, ce caïman géant qui terrorisait le village et l’empêchait de se ravitailler en eau dans la rivière, sauf après sacrifice de la plus belle fille du village.

Samba tua le Ginarou mais usa d’humilité et de modestie pour revendiquer son acte de bravoure que les grands chasseurs du village voulurent s’approprier en vain, car ils ne purent chausser les babouches que Samba avait abandonné sur la berges, comme preuve de son acte. Trop grandes ou trop petites.

En deuxième gardien, Brice Samba ne sera peut-être pas aligné pendant la compétition. Mais faire partie de cette équipe de France est déjà une première victoire, peut-être que le destin en dessinera une autre, encore plus grande.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville