Congo - Relations sociales : Alain Akouala Atipault bouscule les codes

Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, présente l'ancien ministre congolais,  Alain Akouala aidant des enfants dont la maman est enceinte, visiblement en retard pour leur activité et complètement désemparés, à tracter leur "pousse-pousse" bien chargé. Cette attitude serviable d'un ancien ministre qui n'hésite pas à se mettre au niveau de ses semblables, sans barrières ni préjugés pour assister ou aider, bouscule bien de codes et relève la nature même de cet homme qui conduit sa vie avec une réelle philosophie du don de soi.

Une dame à qui une amie a montré la vidéo où apparait le ministre Alain Akouala tractant un "pousse-pousse", n'a pas manqué de se dire si elle ne rêvait pas. Et de demander à son amie: "mais ce n'est pas le monsieur qui était ministre? "Non, je rêve. Il est trop simple".

Cette simplicité, traduit sa bienveillance, cette capacité qui en Alain Akouala, montre une réelle volonté, tant par ses paroles, que ses actions, à contribuer au bonheur des autres. Il y met tellement de respect que cela interpelle ses senblabes qui trouvent en lui quelque chose de particulier. Une philosophie de vie qui en lui, implique un effort constant de se subblimer, pour mettre le meilleur de lui-même au service d'autrui ou d'une noble cause, même s'il banalise tout apport participatif et trouve bien normal d'aider ou de rendre service.

Autant il est disponible pour partager une expérience dont il est l'objet de sollicitation, autant Alain Akouala, en qui certaines épreuves et adversités se sont transformées en expérience, n'hésite pas à apporter en toute modestie sa contribution pour tel ou tel autre sujet, sans qu'il n'en demande quelque dividende que ce soit.

La bienveillance d'Alain Akoula peut bien s'apparenter à un idéal de vie. Ceux qui l'ont connu ministre, ont retrouvé en lui la même personne, avant son entrée au gouvernement et après qu'il ait quitté le gouvernement. Tout ministre qu'il était, il avait continué à être le "mwana" pour les papas et mamans qui l'ont vu grandir. Le "léki" pour ses aînés, le "yaya" pour les plus jeunes et "vié" pour ceux de sa promotion. Le dicton ne dit-il pas, "quand tu montes, souviens-toi de ceux que tu rencontres, car tu les croiseras en descendant".

Enfant de Poto-poto, Alain Akouala Atipault s'en révendique et il en porte la marque, celle de ce quartier cosmopolite où la relation avec le voisinage est si resserée que l'on hésite pas à nommer son voisin par "quartier", comme pour montrer que cet espace de vie commune a créé des liens de fraternité qui se sont transformés en liens familiaux. Cette famille dont les parents apportent assistance aux autres, où les enfants se rendent disponibles et serviables.

De quoi conclure avec la dame que nous évoquions, "ministre à kumba poussou. Ya solo, kita bongo ndzambé a tombola yo". Autrement dit, "qu'un ministre ose tracter un pousse-pousse, il est vrai qu'il faut vous rabaisser pour que Dieu vous élève".

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

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