45e ANNIVERSAIRE DE LA MORT DU CARDINAL EMILE BIAYENDA : Bientôt un demi-siècle, le Congo n’a toujours pas de Cardinal !

La communauté chrétienne du Congo a commémoré, le mardi 22 mars 2022, le 45e anniversaire de la mort du Cardinal Emile Biayenda. A Brazzaville, une messe a été célébrée à la place mariale de la Cathédrale Sacré-Cœur par Monseigneur Bienvenu Manamika Bafouakouahou, archevêque Métropolitain de Brazzaville en présence du chargé d’affaire à la nonciature apostolique du Congo et Gabon, d’autres évêques, dont Mgr Victor Abagna-Mossa, l’archevêque d’Owando et vice-président de la Conférence Episcopale du Congo, ainsi que de nombreux prêtres venus de l’archidiocèse et d’ailleurs et d’un délégué venu du Vatican à Rome.

En effet, ce fut le 22 mars 1977 que le Cardinal Emile Biayenda, grande figure de l’Eglise Catholique du Congo, a été assassiné dans la même foulée que le Président de la République Populaire du Congo, le Commandant Marien Ngouabi, qui lui, fut assassiné quelques jours auparavant, le 18 mars 1977.

Au cours de cette messe commémorative, des paroles de paix et d’amour ont été rappelées à la communauté chrétienne congolaise. Le peuple de Dieu doit savoir pardonner, car le pardon libère et fortifie. L’amour doit être au centre de nos vies. « Aimons-nous les uns les autres comme Dieu nous a aimé », dit La Bible. L’amour est plus qu’une vertu qui nous permet de mieux vivre-ensemble, l’amour est un sacrosaint principe qui donne la paix et la concorde entre les êtres vivants sur un même environnement. La paix, qui constitue les valeurs intrinsèques pour la quiétude de l’homme, de l’humanité.

Dans son homélie, l’archevêque métropolitain, Monseigneur Manamika Bafouakouahou est revenu abondamment sur ce triptyque : « Pardon, Amour, Paix ». Des milliers de fidèles rassemblés à la place mariale ont ainsi retenu que « les paroles testament du cardinal prononcées de cela quarante-cinq (45) ans, retentissent encore comme si elles étaient récentes. Car les paroles de pardon, d’amour et de paix ne vieillissent pas, par ce qu’elles sont divines et éternelles », a-t-il martelé.

Il a par ailleurs fait une évocation sur la vie de Bon Pasteur qu’a été le Cardinal Emile Biayenda. Son exemplarité, son sacerdoce et les vertus qui caractérisaient l’homme de Dieu. Mgr l’archevêque métropolitain a également souligné que « le Cardinal Émile Biayenda, en acceptant de mourir comme notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix, en consacrant sa vie pour son Peuple, en s’offrant à la suite du Bon Pasteur pour le salut du Peuple congolais (double oblation totale comme pasteur et martyr), a ouvert un chemin de vie pour les générations congolaises d’aujourd’hui et de demain. Il a ouvert le sentier de la négation des pseudo-valeurs du monde à l’envers dans lequel végète la majeure partie de l’élite de notre pays ».

En substance, Monseigneur Bienvenu Manamika Bafouakouahou n’a pas hésité de condamner certaines attitudes et habitudes qui se développent et gangrènent la société congolaise actuelle. Les antivaleurs, les comportements déviants et immoraux sont des vecteurs d’un frein à l’épanouissement et du bon vivre dans la communauté.

Par conséquent, quarante-cinq (45) ans après l’assassinat du Cardinal Emile Biayenda, premier Cardinal congolais, le Congo peine encore pour avoir un autre Cardinal. Dans cinq ans, ça sera un demi-siècle que le Congo n’aura toujours pas de Cardinal. Est-ce une punition du Saint-Siège pour notre pays ? Etant donné qu’ailleurs (en Centrafrique, en R.D.C par exemple) Sa Sainteté le Pape François crée des cardinaux ? Pourquoi Vatican ne peut-il pas accorder un pardon à notre pays le Congo ?

Le martyre, il l’a vécu dans sa vie en subissant sans se révolter à maintes reprises des injustices de tous genres, notamment la prison qu’il fit en tant que prêtre en 1965 à cause d’un mensonge, l’obligeant en vain à faire des faux aveux. Son seul malheur est d’avoir ramé à contrecourant en prônant des convictions chrétiennes sous un régime marxiste hostile à la foi populaire.

Malgré son engagement pacifiste, le vent de l’intolérance de mars 1977 qui a sévi sur Brazzaville a abrégé son parcours d’évangélisateur publique, célèbre et incorruptible, donc trop gênant. Un mars noir ayant causé trois martyrs aux souvenirs immortels, un cardinal (Emile Biayenda), un président en exercice (Marien Ngouabi) et un ancien président (Alphonse Massamba Débat).

Malgré les menaces de mort, son dernier message fut un message de paix et d’unité pour son pays. Un procès de béatification et de canonisation est ouvert dès lors au Vatican en faveur du témoin courageux de la foi que fut le cardinal Emile Biayenda.

VALDA SAINT-VAL le Frangin / Les Echos du Congo-Brazzaville

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