Congo : l’enfer de l’eau potable à Kibangou

La ville de Kibangou dans le Niari (sud) peine à fournir le vital liquide à l’ensemble de ses trois milles habitants. Construites en 1982, deux des trois pompes ne fonctionnent plus normalement. Celle qui est restée en marche ne produit de l’eau qu’entre une heure et sept heures du matin. Son état laisse à désirer. Elle ne doit sa résistance qu'aux fils de fer qui l'entourent. Dans certains cas, l’eau est tellement rare que les populations sont obligées de parcourir de longues distances pour aller s’en procurer. Une situation qui met à mal leur santé. Car, bien malin qui pourra garantir la qualité de cette eau. Et pourtant, cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Au vu et au su des élus locaux, elle perdure et s’enlise.

Quelles en sont les causes ? Qu’est ce qui est fait pour rendre l’eau disponible à tous ? Pourquoi certaines villes congolaises en ont tout le temps et d’autres jamais ? Autant de questions auxquelles personne n’apporte de réponses.

Evidemment, cela ouvre la voie à toutes les supputations. Ironiquement, certains affirment qu’«il n’y a plus d’eau au Congo». D’autres, pensent que le gouvernement est tout simplement dépassé et n’arrive plus gérer la situation.

De fait, les difficultés d’accès à l’eau potable sont un casse-tête pour les populations congolaises. Dans les zones rurales, on note une absence d’infrastructures pour satisfaire la demande. La vétusté des infrastructures et l’absence de financement d’envergure ne permettant pas de répondre adéquatement à la demande.

Par ailleurs, il n’existe aucun cadre juridique sur l’eau et encore moins des principes publics pour favoriser un accès en eau en qualité et en quantité pour tous. Alors que dans d’autres pays, le lotissement urbain en vue d’occuper les espaces d’habitation s’accompagne d’un plan de distribution d’eau fondé à la fois sur l’expansion urbaine, l’évolution démographique et les besoins de la croissance économique, au Congo, la production et la distribution de l’eau semblent être improvisées.

Par conséquent les habitants consomment de l’eau souillée au détriment de leur santé. Cette situation est connue dans de nombreuses villes congolaises.

La compagnie nationale d’électricité E2C prouve de plus en plus son incapacité à répondre aux besoins des populations. Pour l’instant, c’est toujours la croix et la bannière pour s’approvisionner en eau potable à Kibangou. Jusqu’à quand ?

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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