Congo – Religion : Sous prétexte de l’exorciser des ‘’maris de nuit’’, un pasteur viole une fidèle de son église

Un pasteur de l’église de réveil dite ‘’Mont Sinaï’’ se trouve désormais dans les mains de la police, à Pointe-Noire. L’homme est accusé de viol sur une de ses fidèles. Depuis, la liste de « sœurs-en-Christ » violées s’est allongée.

Son lieu de prière est désormais fermé et son mon une attraction sur toutes les lèvres. Et pour cause, le pasteur Philémon Bayitoukou a violé une fidèle de son église.

Alors qu’elle avait été appelée par le pasteur qui disait avoir reçu pour elle un programme qui nécessitait une délivrance, la jeune fille s’était naïvement rendue à la consultation que le pasteur avait programmée en toute confidence, afin disait-il, ‘’de ne pas éveiller la méfiance du malin’’.

La jeune demoiselle a appris avec force-détail de son pasteur, qu'elle était possédée par des esprits dits ‘’maris de nuits’’.

Pertes blanches, rêves érotiques, tout était sorti de la bouche du pasteur pour convaincre la jeune fille qu’elle était véritablement sous l’emprise d’une entité mystique, un puissant homme d’esprit qui abusait régulièrement d’elle et auquel elle était attachée pour la vie dans le monde des ténèbres, ce qui compromettait pour elle, toute chance de se marier et surtout de fonder un jour un foyer. Mais rassurait-il ‘’pour moi, oint de Dieu, cela est un petit problème. Ma sœur, tu seras délivrée’’.

La délivrance passait naturellement par des séances d’exorcisme, ce rituel religieux destiné à expulser une entité spirituelle maléfique qui se serait emparée d'un corps.

Le pasteur ne s’est pas embarrassé pour expliquer à la jeune fille que la menace dont elle était l’objet étant d’ordre sexuel, c’est également sur ce terrain qu’il fallait la combattre, à travers une pratique sexuelle. « Tu verras, ma sœur quand mon corps oint va déposer ma semence ointe en toi, l’esprit saint prendra possession de ton corps, et l’esprit du malin ne pourra plus venir hanter ta vie. »

Après une première ''séance de délivrance'' au cour de laquelle le pasteur a plutôt consommé un acte charnel que procédé à un rituel, s’extasiant bien au contraire de ce corps offert dont il a autant apprécié la beauté et les prouesses dans la manière de ''faire ça'', la jeune fille a compris que le pasteur avait abusé d’elle, se souvenant même de certains commérages qui alimentaient les discussions de certaines « sœurs en Christ » qui dénonçaient sans les nommer, les pratiques désobligeantes du pasteur.

L’homme qui a été accusé de viol est entendu par la police, et depuis, d’autres ‘’sœurs-en-Christ’’ ont vu leurs langues se délier, craignant pour leur vie, surtout que les relations n’étaient pas protégées.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville