À Kibangou, dans le département du Niari, au sud du Congo, la pêche à la nasse reste une tradition ancestrale solidement ancrée dans les habitudes locales. Face aux difficultés du quotidien et à une route défoncée jusqu'à Dolisie et qui met les nerfs des usagers à rude épreuve, les populations continuent de puiser dans leur savoir-faire pour assurer leur subsistance.
À Kibangou, quand la route fait des siennes, la rivière, elle, continue de couler. Et pendant que les automobilistes négocient les nids-de-poule comme des candidats à un concours de conduite extrême pour rallier Dolisie, les femmes, elles, ont trouvé une autre manière de faire face aux défis de la vie : la pêche à la nasse.
Cette technique traditionnelle, transmise de génération en génération, témoigne de l'ingéniosité des populations locales. Avec leurs nasses habilement confectionnées et installées dans les cours d'eau, les femmes tentent de capturer du poisson pour nourrir leurs familles et, parfois, en vendre une partie pour améliorer leur quotidien.

Mais derrière cette image pittoresque se cache une réalité plus sérieuse : celle des populations qui doivent redoubler d'efforts pour survivre dans un environnement où les difficultés d'accès et l'état dégradé de la route compliquent les déplacements et les activités économiques.
À Kibangou, la tradition ne se contente donc pas de résister au temps, elle contribue à remplir les marmites. La pêche à la nasse illustre la capacité des communautés rurales à valoriser les ressources naturelles et à perpétuer des pratiques qui font partie de leur patrimoine culturel.
Reste à espérer que les infrastructures routières bénéficieront, elles aussi, d'une attention à la hauteur du courage de ces populations. Car si les femmes savent attraper le poisson, elles ne peuvent pas, à elles seules, réparer les routes.
En attendant, à Kibangou, chacun joue sa partition : les femmes surveillent leurs nasses, les familles espèrent une bonne prise et les automobilistes continuent de prier pour que leurs amortisseurs tiennent jusqu'à destination.
À chacun sa bataille : aux pêcheurs, la nasse ; aux conducteurs, le volant ; et aux pouvoirs publics, le défi de rendre la route praticable !
Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville