Au poste de contrôle de Mila-Mila dans le département du Niari (sud), il semblerait que présenter ses papiers ne suffise pas toujours pour poursuivre tranquillement sa route. Selon des témoignages, que le chauffeur soit en règle ou non, il devrait mettre la main à la poche pour satisfaire les exigences financières de certains policiers ou gendarmes, de jour comme de nuit. Le plus étonnant ? Le montant varierait selon la tête du chauffeur. Ici, pas de tarif affiché, pas de facture, encore moins de reçu. Le chauffeur paie et poursuit sa route. Une véritable caisse sans guichet où le képi semble faire office de terminal de paiement.
À Mila-Mila, faut-il désormais prévoir, en plus du carburant, un budget spécial pour franchir le poste de contrôle ? Les automobilistes qui pensaient simplement présenter leurs documents risquent de découvrir une nouvelle rubrique dans leurs dépenses : les « frais de circulation imprévus ».
Blague à part, la situation est préoccupante. Les policiers et les gendarmes ont pour mission de faire respecter la loi et de protéger les usagers. Le poste de contrôle ne doit en aucun cas devenir un lieu de perception d'argent sans fondement légal.

Si ces pratiques sont établies, les autorités compétentes doivent ouvrir des vérifications et prendre les mesures nécessaires. Les usagers ont droit à des contrôles transparents, au respect de leurs droits et à la fin de toute pression financière injustifiée.
Car enfin, un poste de contrôle est destiné à contrôler, pas à transformer chaque automobiliste en distributeur automatique de billets !
À Mila-Mila, il est temps que la transparence reprenne ses droits. Le képi mérite le respect, mais il ne donne à personne le pouvoir d'inventer sa propre taxe routière.
Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville