En ruine, le collège d’enseignement général de Mabombo dans le département de la Bouenza (sud) lance un SOS. Les fils et filles de la contrée sont appelés à la rescousse pour sauver cet établissement scolaire qui semble avoir davantage besoin d’un maçon que d’un inspecteur pédagogique.
À Mabombo, dans le département de la Bouenza, l’avenir scolaire des élèves semble suspendu à l’état des murs de leur établissement. Le CEG local, visiblement rongé par le temps et le manque d’entretien, affiche un visage peu rassurant. Bâtiments délabrés, infrastructures dégradées : le collège donne l’impression d’avoir suivi trop longtemps des cours de résistance, sans jamais bénéficier d’une leçon de réhabilitation.
Dans cet établissement, le véritable défi ne se limite plus aux équations mathématiques, aux règles de grammaire ou aux leçons d’histoire. Il consiste aussi à disposer d’un cadre d’apprentissage digne de ce nom. Car, avant de demander aux élèves de construire leur avenir, encore faudrait-il que les bâtiments qui les accueillent tiennent debout !
À ce rythme, les murs semblent réclamer leur retraite avant même que certains élèves n'obtiennent leur brevet. Une situation qui prête à sourire dans la forme, mais qui interpelle sérieusement sur le fond : peut-on raisonnablement parler de réussite scolaire lorsque l'école elle-même semble avoir échoué à son examen de conservation ?
Face à cette situation préoccupante, les fils et filles de Mabombo, où qu'ils se trouvent, sont appelés à se mobiliser pour contribuer à la réhabilitation de ce patrimoine éducatif. Cadres, opérateurs économiques, élus, associations et bonnes volontés : chacun pourrait apporter sa pierre à l'édifice, au sens propre comme au figuré.
Il ne s'agit pas simplement de redonner un coup de peinture aux murs pour faire bonne figure sur les photographies. L'urgence est de restaurer durablement les infrastructures afin d'offrir aux élèves et aux enseignants un environnement de travail sécurisé et propice à l'apprentissage.
Les autorités compétentes sont également interpellées afin qu'un état des lieux soit réalisé et que des solutions concrètes soient envisagées.
L'éducation est un investissement pour l'avenir. Abandonner un établissement scolaire à la dégradation, c'est prendre le risque de compromettre les ambitions de toute une génération.
Le CEG de Mabombo ne demande pas un diplôme d'excellence architecturale. Il réclame simplement des bâtiments dignes de sa mission : former les femmes et les hommes de demain.
Car, si les élèves doivent apprendre à bâtir leur avenir, il serait tout de même préférable que leur école ne s'écroule pas avant eux !
À Mabombo, la situation appelle surtout une mobilisation urgente. Les enfants de la contrée ont droit à une école digne de ce nom. Il est temps que les bonnes volontés passent du tableau des intentions à celui des réalisations.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photo : DR