Depuis maintenant une semaine, le quartier Mouhoumi la base, dans le 7e arrondissement de Brazzaville, est plongé dans une obscurité totale. Une situation devenue insoutenable pour les habitants, contraints de réinventer leur quotidien dans des conditions de plus en plus difficiles.
À la tombée de la nuit, les ruelles s’éteignent complètement, laissant place à une inquiétante pénombre. Les activités économiques tournent au ralenti, tandis que les familles s’organisent comme elles peuvent pour faire face à cette crise énergétique prolongée.
« Nous vivons comme au siècle dernier. Sans électricité, tout devient compliqué : conserver les aliments, travailler, même étudier est un défi », témoigne Tercia, une élève, visiblement épuisée.
Les petits commerces, moteurs essentiels de la vie locale, sont particulièrement touchés. Faute de courant, plusieurs boutiques ont dû fermer temporairement.
« Chaque jour sans électricité est une perte énorme. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes », déplore Alain, gérant d’un kiosque de produits frais.
Au-delà des difficultés économiques, c’est aussi la sécurité qui inquiète. L’absence d’éclairage public favorise les actes d’incivisme et plonge les habitants dans une peur constante.
« Dès qu’il fait nuit, personne n’ose sortir. On se sent en insécurité chez nous », confie le jeune Privilège.
Face à cette situation, l’incompréhension et la frustration montent. Les habitants réclament des explications claires et surtout des solutions rapides de la part des autorités compétentes.
« Une semaine sans courant, ce n’est pas normal. Nous avons besoin de réponses, pas de silence », martèle un chef de quartier.
Dans une capitale où l’électricité est censée être un service de base, cette panne prolongée met en lumière les fragilités du système énergétique et l’urgence d’une intervention efficace.
En attendant un retour à la normale, Mouhoumi continue de vivre dans le noir, mais la voix de ses habitants, elle, devient de plus en plus lumineuse.
On rappelle que les coupures répétées et prolongées, les délestages, demeurent le lot quotidien des habitants de certains quartiers de la capitale congolaise, malgré le fait que la puissance installée de l'énergie est passée de 89 à plus de 600 mégawatts ces vingt dernières années sur l'ensemble du pays.
L’ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ouabari Mariotti qui pense que la société congolaise est à réformer en profondeur et, avec elle, la réforme des modes de gouvernance du pays, s’est fait plaisir de tacler récemment le directeur général de la société Energie électrique du Congo (E²C), Jean Bruno Danga Adou surnommé par des abonnés d'E2C de : "papa molili" (Papa obscurité), "vieux délestage" ou kibwisa mpimpa ("celui qui fait tomber la nuit").
''La société remplaçante de la SNE n'a point besoin, plusieurs années après sa création, d'un chef, bon danseur, à la gestuelle souple et élégante, mais d'un directeur, brillant réformiste, efficace, qui fournit, de manière pérenne, l'électricité à ses clients", a déclaré, sur sa page Facebook, le grand fervent défenseur des idéaux de l’ancien Président du Congo, le Professeur Pascal Lissouba.
Osons croire qu'E2C va communiquer afin d'apporter l'éclairage nécessaire.
Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville