Congo - Marché ''Total" de Bacongo: En toute indifférence, E2C met en danger la vie d'autrui à travers son câble électrique qui traîne au sol

Marché Total de Bacongo à Brazzaville, à quelques mètres de l'arrêt des bus dit des Coasters, un câble électrique dont l'extrémité est rattaché au poteau, traîne à même le sol, serpentant dans la boue et les étals en tissu-fibre posés par terre. Il y a déjà plusieurs jours que cela dure.

Si le câble a été déconnecté de l'approvisionnement électrique, il n'en demeure pas moins que son balancement, du fait des passants qui le sollicitent des pieds, crée des contacts avec les fils restés alimentés du haut du poteau, ce qui engendre de temps en temps des étincelles électriques qui suscitent la clameur des vendeurs et autres acheteurs.

Il est vrai pense-t-on, qu'en ayant déconnecté le câble, tout risque d'électrocution des tiers est écarté. Cela n'est pas aussi sûr car les contacts occasionnels des fils déconnectés avec ceux restés alimentés représente un danger permanent, surtout que rien n’indique que le câble ne présente pas de blessures, du fait des objets métalliques qui y sont parfois entreposés.

En cette période de saison de pluie, la présence de courant de dispersion dans un endroit humide et qui plus est en plein marché, entraînerait une électrocution de masse qui serait catastrophique et susciterait les interprétations les plus fallacieuses.

C'est tout de même bizarre de constater que pour certaines situations pouvant mettre la vie des citoyens en danger, les agents d'E2C ne se pressent vraiment pas pour les réparations, quand bien-même les signalements sont faits en temps et en heure.

Dans le cas du câble du marché Total, ils ont préféré exécuter un travail fractionnaire. Isoler le câble et le laisser traîner, quitte à revenir une autre fois pour le retirer ou le rebrancher correctement. Ce qui aurait pu être fait la première fois, écartant du coup la menace pour les citoyens qui fréquentent le marché.

Tout le monde voit le câble au sol, son extrémité sur le poteau électrique et personne ne s'en émeut. La situation semble naturelle jusqu'à ce que se produise des étincelles. On profère des jurons envers Adou Danga et puis, on reprend son calme, oubliant la menace de ce danger potentiel. Sans doute parce que jamais personne à ce jour n’a osé porter plainte pour préjudice y relatif. Même le comité du marché hausse les épaules en signe d’impuissance.

Peut-être est-il temps qu'E2C soit rendue responsable de certaines situations qui relèvent soit d'un laisser-aller ou d'un déficit de professionnalisme, sinon d'un manque de formation adéquate de certains de ses agents. Car mettre délibérément en danger la vie d’autrui peut être assimilé à une tentative d'homicide par imprudence. Mais, qui pour condamner ?

Entre-temps, vendeurs et acheteurs continuent de vivre sous la menace d’une électrocution, avec pour seule prière : « Dieu fera ! ». Pourvu qu’il fasse, en attendant une action d’E2C qui arrivera à la saint glin-glin.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville