Depuis une semaine, la pénurie de carburant fait tourner les têtes à Brazzaville, mais pas les moteurs. Les automobilistes, eux, connaissent désormais par cœur toutes les stations-service de la capitale et certains seraient même capables de les retrouver les yeux fermés.

Dans les quartiers, les files d'attente sont devenues de véritables lieux de rencontre. On y échange les dernières nouvelles, on se fait des amis et certains plaisantent déjà en disant qu'il faut prévoir une tente, une natte et un casse-croûte avant d'aller chercher quelques litres d'essence.

Les motos sont au repos forcé, les taxis roulent au compte-gouttes et beaucoup de conducteurs redécouvrent les joies de la marche à pied.

« Finalement, cette pénurie nous fait faire du sport gratuitement », ironise un habitant.

Pendant ce temps, les plus optimistes gardent le sourire et espèrent que l'or noir reviendra rapidement dans les pompes. Car à Brazzaville, une chose est sûre, l'humour reste le carburant qui ne tombe jamais en panne !
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Crédit photos : Rose S