Tchad - Union Africaine : Moussa Faki Mahamat devrait céder son siège à Monique Nsanzabaganwa

Suite au décès du président Idris Deby Itno, l’armée Tchadienne a procédé à la suspension de la constitution et à la dissolution de l’Assemblée nationale. Elle a de fait, perpétré un coup d’état. Dans le cas d’espèce, l’Union Africaine, conformément à sa charte et à ses statuts, annonce la suspension du pays qui a installé un organe décisionnel anticonstitutionnel. De même, les ressortissants du pays concernés, siégeant dans ses institutions, en tirent les conséquences. Il en est le cas pour Moussa Faki Mahamat.

La succession au président Déby instaurée à Ndjamena est contraire à la constitution tchadienne et à la charte de l’Union Africaine sur la démocratie, les élections et la bonne gouvernance adoptée le 30 janvier 2007, ainsi qu’aux valeurs partagées contenues dans le Traité de Syrte.

Aussi, la mise en place d’un conseil Militaire de Transition est anticonstitutionnelle, car c’est le président de l’assemblée qui doit assurer l’intérim.

Ainsi, selon la charte de l’union, toute prise de pouvoir par des moyens anticonstitutionnels, entraine la suspension du pays incriminé.

Toujours, selon les statuts et le règlement de l’Union Africaine, quand un pays membre est suspendu, les ressortissants dudit pays suspendu dont l’ambassadeur auprès de l’Union, cessent toute activité au sein de la commission jusqu’à nouvel ordre.

Ainsi, si le Tchad est suspendu conformément aux textes de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat, ressortissant de ce pays, doit aussi être suspendu et céder l’intérim à sa vice-présidente, le docteur Monique Nsanzabaganwa ressortissante Rwandaise.

Un dilemme, pour l’actuel président de la commission de l’Union Africaine. Sans doute, le président Félix Tshisekedi devra t-il acter ce changement après les obsèques du président Idris Déby. 

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

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