Présidentielle 2021 : A 38 ans, Dave Mafoula est le benjamin des huit candidats

A 38 ans, Dave Uphrem Mafoula est le benjamin des huit candidats en lice pour le scrutin présidentiel du 21 mars prochain. Il a échoué aux législatives de 2017. Ses proches le présentent comme le candidat de l’audace.

A 77 ans, le président Denis Sassou-N’Guesso est le doyen des candidats. Depuis 2002, il a remporté tous les scrutins organisés dans le pays.

En janvier dernier, Dave Uphrem Mafoula a présenté, au cours d’une conférence de presse, les grandes lignes de son projet de société intitulé « Contrat présidentiel » dont l’ambition est de transformer le Congo afin de lui redonner son équilibre économique et son social.

Le « contrat présidentiel » est, selon le candidat déclaré, un programme audacieux visant à établir un cadre plus propice permettant à chaque compétence congolaise de s’exprimer et d’être le champion dans son domaine. Il propose, en effet, le « primat » de l’économie sur la politique, l’indépendance de la justice.

« Le contrat présidentiel s’appuie sur les leviers spirituels, culturels, institutionnels, économiques et sociaux. Il matérialise à travers dix piliers stratégiques déclinés en axes principaux et déployés via des mesures concrètes. Ils sont les principales lignes directives de notre programme pour les cinq prochaines années au plus haut sommet de l’Etat », a expliqué Dave Uphrem Mafoula.

Ce projet de société sera, a-t-il déclaré, assis sur un Programme de convergence d’actions pour la relance économique (Procare). L’objectif étant la relance de l’économie par la diversification. « Le Procare est une synergie d’actions quadriennales dont la finalité est l’autofinancement de l’économie par la réaffectation au secteur productif des économies réalisées sur la réduction des dépenses publiques », a-t-il annoncé.

Le projet propose sur le plan économique, l’exploitation et la transformation des matières premières pour créer des emplois et de la richesse. Ce qui passera par le vote d’une loi d’équité économique qui obligera aux entreprises exploitant le sol et le sous-sol du Congo de transformer 30% de leur production en produits localement finis. Il prévoit également la création de deux fonds de soutien dont l’un en agriculture et l’autre en industrie.

Concernant le volet de la justice, le projet propose le retrait du président de la République et du ministre de la Justice du Conseil supérieur de la magistrature pour renforcer les pouvoirs du premier président de la Cour suprême au sein de cette institution. Le contrat présidentiel prévoit la suppression du Sénat, la suspension de tous les conseils consultatifs, la réduction du nombre de députés qui passeront de 151 à 90. Dave Uphrem Mafoula entend, par ailleurs, réduire de nombre des ministères, baisser de 40% les émoluments du président de la République, des ministres et des députés.

Ce projet de société accorde aussi une place aux Congolais de l’étranger ; puisque le candidat envisage de faire de la diaspora une force de développement local en créant des circonscriptions électorales à l’étranger pour l’élection des députés de la diaspora et leur accorder le droit de vote. Les autres domaines tels que la jeunesse, la diplomatie, l’éducation et l’habitat sont aussi pris en compte.

« Notre projet décliné en quelques lignes se veut un modèle réaliste d’équilibre économique et social basé sur les libertés, l’éthique, la valorisation des ressources nationales, la contribution de tous les citoyens à la construction du pays. Je reste confiant, je sais que le peuple veut le changement. Ce changement, s’il est naturel, il va arriver et personne ne peut l'en empêcher, même pas un système électoral », a conclu Dave Uphrem Mafoula.

Jack de MAÏSSA / Les Echos du Congo-Brazzaville

banner