Un candidat frondeur du PCT s’invite à la présidentielle de mars 2016

On a longtemps pensé que le président Denis Sassou Nguesso se lancerait seul dans la course pour la présidentielle 2016 pour le compte du Parti Congolais du Travail (PCT, parti au pouvoir). C’est finalement André Okombi Salissa son ancien ministre, député du PCT, qui vient semer la confusion, en annonçant samedi à Brazzaville, au nom de la plateforme de l’opposition radicale, l’Initiative pour la Démocratie au Congo (IDC) sa « candidature de la colère » à la présidentielle du 20 mars prochain, pour « changer le destin du Congo » sans au préalable déposer sa démission sur la table de Pierre Ngolo.

L’annonce de cette « candidature de la colère », suscite beaucoup de moqueries, y compris des militants du parti au pouvoir qui attendent toujours sa démission du PCT comme l’a fait à son temps Charles Zacharie Bowao, l’ex ministre de la Défense.

Une candidature de trublion

André Okombi Salissa, membre du PCT est candidat pour jouer les trouble-fête. Aucune vision pour le pays et aucun programme de société, il veut « changer le destin du Congo », explique le candidat surprise au lieu par exemple de faire bloc derrière Pascal Tsaty Mabiala de l’UPADS.

Ce que l'on sait de ce projet qui suscite déjà une grande polémique chez les congolais, c’est qu'il est porté par une personnalité qui a tué autant de congolais lors de la guerre civile de 1997. Des images où il arbore un treillis militaire et un béret rouge faisant le point du nombre de congolais tués font le buzz sur les réseaux sociaux à 50 jours de la présidentielle.

Devant la polémique, la majorité présidentielle sert les rangs. Les conditions d'une victoire écrasante de Sassou Nguesso sont évidentes et ce n'est pas la pseudo popularité « départementale » d’Okombi Salissa qui aidera à l’opposition de changer la donne. Il ne faudra pas compter non plus sur les villes du nord du pays dont Djambala tomber dans l'escarcelle du PCT.

Le Congo est un pays laboratoire qui expérimente tout pour surprendre l’humanité 

Okombi Salissa multiplie les offensives, fourbissant ses armes à double tranchant : l'outrance, l'attaque ad hominem, le populisme, etc. Censées décrédibiliser le pouvoir en place, ces méthodes ont surtout pour effet de pointer l'absence de projet de société d'une opposition tapageuse mais creuse.

En politique, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés. Si l’adversité rend sage, il n’en demeure pas moins qu’elle fait beaucoup de coupables et d’imprudents.

Fort de cela, il faudra que chacun de ces protagonistes prenne les dispositions qui s’imposent. Sinon, ça va faire mal ! D’un camp, les partisans de Sassou présagent une victoire inéluctable en 2016 et, de l’autre, les fans d’Okombi se voient victorieux à l’issue de ce scrutin à haut risque.

Toutefois, pour le moment, le peuple congolais dont la décision finale est souveraine, n’a les yeux que pour vivre le théâtre injurieux orchestré par celui qui émarge encore à l’Assemblée nationale au nom du PCT et qui porte sur sa conscience le sang de nombreux congolais proches de l’ex président Pascal Lissouba.

André Okombi Salissa est le 4ème candidat officiel de l’opposition à cette élection après Kignoumbi Kia MBoungou, Pascal Tsaty Mabiala et Jean Bedel Soussa.

Mon Aure

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