Législatives à Brazzaville : Des électeurs sérieusement tabassés et des coups de feu entendus à Poto-Poto

A Poto-Poto, l'un des plus anciens quartiers populaires centraux de Brazzaville, fondé vers 1900, des électeurs ont été sérieusement tabassés et des coups de feu ont été entendus dimanche lors du second tour des élections législatives.

«Les militaires sont rentrés par force pour voter avec des cartes d'électeurs, mais sans pièces d'identité », a décrié un militant d'un candidat lésé.

«Ce que je voulais juste dire aux autorités suprêmes, il faut savoir accepter la défaite parfois. Jusqu'à quand on va continuer à manœuvrer ce genre d'élections. Jusqu'à quand ? », s'est désolé un autre.

Des heurts ont été signalés aussi entre les partisans du candidat du Parti congolais du travail (PCT), Jean De Dieu Kourissa et le candidat indépendant Rick Bokilo.

Le deuxième tour des législatives, devant permettre au Parti congolais du travail (PCT, parti au pouvoir) de conforter sa mainmise sur la future Assemblée nationale, n'a pas mobilisé des foules dimanche, surtout dans la partie nord de Brazzaville.

Au bureau de vote du siège de la mairie de Poto-Poto, quelque 511 électeurs étaient inscrits. Mais, jusqu’en milieu de journée, l’urne ne contenait qu’environ une centaine de bulletins. Même constat au bureau de vote situé dans la rue Mbéti. Sur les 564 électeurs inscrits seulement, près d'une centaine avait voté en mi-journée. La timidité des électeurs a aussi été observée dans la troisième circonscription de Ouenzé et dans la 1ère circonscription de Moungali.

Ces élections législatives marquent la fin d'un processus qui a démarré en 2015 par un référendum et la présidentielle de 2016 marqués par la violence dans le département du Pool (sud) où le vote a été reporté dans neuf des quatorze circonscriptions.

Germaine Mapanga

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