France : Trois congolais interpellés pendant leur barbecue de viande de chèvre

Le fait divers affecte la communauté congolaise de Dijon. Alors qu’ils faisaient rôtir de la viande des chèvres qu’ils avaient auparavant abattu eux-mêmes, trois congolais ont été interpellés par la police samedi 16 janvier au soir à Dijon, en Cote d’or. Les trois infortunés sont désormais poursuivis pour abattage d’un animal sans précautions.

Ils sont respectivement âgés de 21, 30 et 49 ans, tous trois, des hommes originaires de la République démocratique du Congo, qui vont devoir répondre de leurs actes devant la justice. Et pour cause ?

Samedi 16 janvier, les trois amis se rendent dans une ferme au nord du département, où ils achètent deux chèvres bien sur pattes. De quoi faire bombance et ils y rêvent déjà. Sur le chemin du retour vers Dijon, les trois comparses font une halte dans un champ. Là, ils abattent les deux bêtes, les dépècent puis en dégage des morceaux pour le rôti ainsi que le barbecue qu’ils se proposent d’arroser de bière mais aussi du bon vin. Quand ils quittent le champ qui leur a fait office d’abattoir pour rejoindre leur domicile, il est déjà 18 heures, l’heure du couvre feu.

Plutôt que de rentrer chez eux, couvre-feu oblige, les trois amis décident bien au contraire d’assouvir cette envie pressante de bonne chair qui déjà leur met de l’eau à la bouche. C’est donc à même la cour bien éclairée de leur immeuble et qui plus est sous la neige, qu’ils lancent leur barbecue.

Entre deux bouchées de ''gamouches'', entendez brochettes et quelques gorgées de vin pour se réchauffer face au froid, les trois amis ne s’interdisent de rien. Les sonorités bruyantes d’une causette intempestive ainsi que les rires aux éclats incommodent le voisinage. La soirée porte sur la rencontre du chan, RDC – Congo de dimanche soir, pour laquelle nos trois amis fêtent déjà la victoire par anticipation, en ce samedi. Aussi, assimilent-ils chacune de leur bouchée aux diables rouges du Congo, ainsi mangés par les léopards.

Bientôt, ce repas festif se transforme en une indigestion. Incommodés par la fumée, l’odeur de viande boucanée mais surtout ces dérangeants éclats de voix, les voisins, plutôt que de s’inviter à la fête comme ils l’auraient fait à Kinshasa, ont vite fait d’appeler la police qui arrive sur les lieux vers 23 heures 30 et interpelle les trois personnes.

Après une nuit en garde à vue, les trois amis sont ressortis dimanche 17 janvier, après avoir reçu une amende de 135 euros pour non respect du couvre-feu. Visiblement sonnés, ils ne parviennent pas à se remettre de cette mésaventure dont ils ne comprennent pas les raisons. « Oyo mboka nini. Mbila a kuéya po na ngamundélé ». Autrement dit, dans quel pays sommes-nous, pour que la police descende à cause d’un barbecue.

Un barbecue pour lequel ils sont en outre convoqués au tribunal en juillet prochain, pour le chef d’abattage inapproprié d’animaux. Et là, ils risquent jusqu’à six mois de prison.

Bien chèrement payé tout de même pour une séance de barbecue que nos trois congolais ne sont pas prêt d’oublier.

Comme quoi, chaque pays a ses lois, parfois bien différentes de celles de son pays d’origine et il faut bien s’y conformer.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

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