Dans le district de Londela-Kaye, dans le département du Niari (sud), franchir la rivière Mvibissi est loin d’être une simple promenade de santé. Pour les populations, chaque traversée ressemble à une épreuve d'équilibre, sans caméra, sans récompense et surtout sans assurance tous risques. Au quotidien, les habitants doivent composer avec les difficultés liées à la traversée de ce cours d’eau. Là où un ouvrage de franchissement devrait faciliter les déplacements, c’est plutôt le courage, la prudence et parfois la débrouillardise qui servent de moyens de transport.
Pour les voyageurs, les commerçants et tous ceux qui doivent se rendre d’une rive à l’autre, la Mvibissi impose ses propres règles. Ici, pas question de traverser en regardant son téléphone ou en rêvassant : il faut garder les yeux ouverts, les pieds sûrs et les nerfs solides.
À Londela-Kaye, la rivière ne demande pas le prix du billet, mais elle exige parfois un véritable parcours du combattant. Et quand il faut passer, chacun devient spécialiste de la navigation, même sans diplôme de marin.

Cette situation rappelle l’urgence d’améliorer les infrastructures de franchissement dans cette partie du Niari. Un pont ou un aménagement adapté permettrait de sécuriser les déplacements, de faciliter les échanges commerciaux et de rapprocher davantage les communautés.
Les populations de Londela-Kaye ne demandent pas un pont suspendu entre le ciel et la terre, encore moins une infrastructure digne des grandes métropoles. Elles souhaitent simplement un passage sûr, praticable et durable.
Car, au XXIᵉ siècle, traverser une rivière ne devrait pas être une aventure dont on revient en héros, mais un déplacement ordinaire que chacun peut effectuer en toute sécurité.
À bon entendeur, salut !
Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville