Poto-Poto : la police offre une retraite anticipée à 139 chichas !

Poto-Poto : la police offre une retraite anticipée à 139 chichas !

À la kermesse de Poto-Poto dans le 3e arrondissement de Brazzaville, la fête a changé de fumée et de propriétaire. Dans la nuit dernière, les forces de l'ordre ont réalisé une saisie qui ferait tousser plus d'un amateur : 139 chichas ont été retirées de la circulation.

Certains tenanciers, manifestement convaincus qu'un bon plat se déguste mieux avec un nuage parfumé, avaient discrètement ajouté des narguilés à leur menu. Malheureusement pour eux, les policiers n'étaient pas venus commander une boisson, mais vérifier le respect de la loi.

Car, depuis 2022, un arrêté interministériel est pourtant sans équivoque : l'importation, la fabrication, la distribution, la détention, la vente et même la consommation de la chicha, ainsi que des cigarettes aromatisées, sont interdites sur toute l'étendue du territoire congolais. Autrement dit, la chicha est devenue persona non grata.

Bars, restaurants, hôtels, boîtes de nuit et autres lieux de divertissement à Brazzaville sont régulièrement visités par les forces de l'ordre, qui rappellent à coups de contrôles, de saisies et d'incinérations que la fumée ne doit pas faire écran à la loi.

Cette fois-ci, les 139 pensionnaires du "club des nuages parfumés" n'auront même pas eu droit à un dernier souffle. Leur soirée s'est terminée bien plus vite que prévu, direction les scellés de la police, avant leur ultime rendez-vous avec les flammes.

À Poto-Poto, la morale de l'histoire est simple : certains voulaient faire monter la fumée,  c'est finalement la température qui est montée lorsque les policiers sont arrivés. Une chose est sûre, cette nuit-là, ce ne sont pas les chichas qui ont fait le plus de bruit, mais les sirènes !

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photos : DR