Il aura fallu une convocation, une nouvelle audition… et sans doute une bonne dose de prise de conscience pour que le ton change. Ce mercredi 8 avril 2026, Jean-Paul Damien, Directeur Général Adjoint de STHIC, a officiellement présenté ses excuses au peuple congolais, après la tempête provoquée par une vidéo devenue virale.
Dans cette séquence largement relayée sur les réseaux sociaux, le responsable s’adressait à ses employés dans un langage pour le moins explosif.
Entre mots grossiers, propos orduriers et ton méprisant, la sortie avait choqué, blessé, et surtout indigné bien au-delà des murs de l’entreprise.
Convoqué une première fois mardi par les services de police, Jean-Paul Damien avait déjà reconnu ses torts. Mais cette fois, place à la scène publique : visage plus sobre, discours mesuré, et surtout… vocabulaire enfin fréquentable.
« Je présente mes sincères excuses au peuple congolais », a-t-il déclaré, comme pour tenter d’éteindre un incendie qu’il avait lui-même allumé à grands coups de phrases malheureuses.
Car oui, dans un pays où la parole publique a du poids, certains mots peuvent voyager plus vite qu’un taxi pressé et faire bien plus de dégâts.
Résultat : une indignation collective et un rappel clair que le respect reste une valeur non négociable, peu importe le statut ou la fonction.
Entre mea culpa et leçon de communication, cet épisode restera sans doute comme un cas d’école : quand la colère parle trop vite, c’est souvent la dignité qui prend un coup et la police qui prend le relais.
Reste à savoir si ces excuses suffiront à tourner la page.
Une chose est sûre : au Congo comme ailleurs, on peut trébucher avec les mots mais il faut savoir se relever avec des actes. Et si cette affaire nous apprend quelque chose, c’est bien ceci : avant de parler sous le coup de l’émotion, mieux vaut tourner sept fois sa langue dans sa bouche ou risquer de faire un détour par le commissariat.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photos : DR