À Brazzaville, certains conducteurs semblent avoir confondu volant et pédales d’athlète. Ici, on ne conduit plus toujours on “déplace” les voitures, le pied sur l’accélérateur comme si la recette du jour dépendait de chaque seconde gagnée. Résultat : la prudence prend souvent la poudre d’escampette, et les dos d’âne deviennent les arbitres involontaires de ces courses improvisées. Mardi soir, au quartier La Poudrière, précisément au premier arrêt des bus, la réalité a rappelé à l’ordre les amateurs de vitesse.
Un taxi lancé à vive allure, visiblement pressé de “finir sa journée” ou de rattraper son temps, a été surpris par un dos d’âne qu’il n’avait manifestement pas invité à son voyage. Mauvaise surprise et freinage tardif.


La suite ? Une réaction en chaîne peu digne d’un film d’action mais bien réelle : le taxi percute les véhicules devant lui. Bilan : des dégâts matériels importants et des regards médusés, entre colère et consternation.

Heureusement, pas de pertes humaines à déplorer, mais un rappel sévère que la route n’est pas un circuit de course.
Ce genre de scène, malheureusement, n’est pas isolé.
Entre la pression de la recette, le manque de discipline et parfois un certain mépris du code de la route, les conducteurs jouent souvent avec le feu ou plutôt avec les pare-chocs. Pourtant, un simple ralentissement face à un dos d’âne pourrait éviter bien des tracas.
Cet accident aurait pu être évité si l’éclairage public faisait son travail de veilleur nocturne.
À Brazzaville, la nuit, certaines avenues semblent jouer à cache-cache avec les automobilistes : pas de lumière, donc pas de visibilité, et surtout pas de pitié pour les pneus !
Entre les crevasses, les fameux “nids de poules” devenus presque des “nids d’oie” tant ils prennent de l’ampleur, et les dos d’ânes qui surgissent comme des surprises party, les conducteurs avancent parfois à l’aveugle ou presque.
Résultat : ce n’est plus une route, c’est un parcours d’obstacles où même un champion aurait besoin d’une lampe torche et d’un GPS de survie !
Un bon éclairage public, ce n’est pas un luxe, c’est carrément une assurance contre les mauvaises surprises de la nuit.
Au fond, la morale est simple : le dos d’âne ne court pas, mais il gagne toujours. Et sur la route, mieux vaut arriver un peu plus tard que de ne pas arriver du tout.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville