Makabana : Inspection visuelle du pont métallique suspendu de la rivière Niari

Depuis plusieurs années, la stabilité́ du pont suspendu de la rivière Niari, situé à un jet de pierre de la ville de Makabana (sud), n’est plus garantie. L'Etat puis le CFCO n'ont pas engagé de travaux pour des raisons financières, alors que des trains voyageurs et des marchandises, des camions et des tracteurs circulent toujours jours et nuits. L’entretien des ponts et des ouvrages d’art est une mission qui se conduit à long terme. Il s’agit d’un patrimoine capital pour le bon fonctionnement d’un territoire ainsi que pour le transit des personnes et des marchandises. Leur bonne santé et leur opérabilité sont donc une priorité. Voilà pourquoi le DG des Travaux Publics est descendu sur place pour une inspection visuelle rapide afin de recenser les désordres et détériorations visibles : fissures, rouilles, éclatements, etc. avant de donner un avis argumenté sur la santé de l’ouvrage et les potentielles évolutions. Cet avis se construit sur un regard sur toutes les parties de l’ouvrage.

A l’issue de cette mission du DG des TP, un rapport de préconisations sera remis au gouvernement et un avis sera rendu sur la nécessité de la mise en place d’un programme de travaux et son caractère d’urgence.

Il faut noter que la phase d’inspection n’est pas un diagnostic. Elle se concentre sur la seule observation des dégradations mais ne cherche pas à déterminer l’origine des désordres.

La participation ou l’intervention des sociétés forestières qui ont pignon sur rue dans la contrée est presque souhaitée pour réhabiliter le plus vite possible cet ouvrage rongé sérieusement par la rouille. Il bouge de tous les côtés suscitant ainsi l’angoisse des passagers.

Les habitants de la ville de Makabana pointent un défaut d'entretien général de l'ouvrage, notamment les équipements et éléments de protection, d’appuis et portant sur la stabilité de l’ouvrage. Les pathologies affectant le pont ont notamment atteint un stade très avancé. Pas mieux pour les charpentes métalliques avec de nombreux foisonnements et une détérioration mécanique importante de la boulonnerie et de certaines éclisses. Ces failles sont en cours d’évolution rapide.

Au Congo-Brazzaville, l’état des ponts suspendus est très inquiétant. Plusieurs seraient en mauvais état, donc dangereux. Rien n’est fait pour le moment, surtout pour des raisons financières.

Ce n’est pas le seul pont métallique suspendu dans le département du Niari et sur la ligne ferroviaire Dolisie-Mbinda, construite de 1959 à 1962 (285 km). Celui de la rivière Léhala dans le district de Mayoko, nécessite également des travaux d’urgence.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo Brazzaville

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