Congo : Impani au cœur d’une mobilisation mondiale pour les forêts

Congo : Impani au cœur d’une mobilisation mondiale pour les forêts

Le village d’Impani, dans le district d’Ignié (Djoué-Léfini), a accueilli, le 6 novembre 2026, la célébration de la Journée nationale de l’arbre, marquée par le lancement officiel de la Décennie mondiale du boisement et du reboisement 2027-2036 par le Président congolais, Denis Sassou-N’Guesso.

La cérémonie, rehaussée par la présence de plusieurs chefs d’État africains, dont Évariste Ndayishimiye, Félix Tshisekedi et Faustin-Archange Touadéra, ainsi que du représentant des Nations unies, Khalilur Rahman, a consacré une ambition portée par Brazzaville en faveur de la préservation des écosystèmes forestiers.

Saluant une victoire diplomatique pour le Congo, la ministre de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, a mis en lumière l’engagement du chef de l’État et appelé à une mobilisation collective pour la protection du patrimoine forestier.

Pour sa part, Khalilur Rahman a plaidé en faveur d’une solidarité internationale concrète, estimant que les pays forestiers ne doivent pas supporter seuls le coût de la conservation. Il a également promis de porter ce plaidoyer à la COP31, en Turquie.

Point d’orgue de cette célébration, Denis Sassou-N’Guesso a officiellement lancé la décennie mondiale, appelant à inverser la dégradation du couvert forestier au profit d’une politique ambitieuse de boisement et de reboisement.

La cérémonie s’est achevée par une mise en terre symbolique d’arbres.

On rappelle qu’au Congo-Brazzaville, l’arbre est un compagnon inséparable de l’homme, y compris par la branche transformée en canne en bois qui souvent assiste ce dernier, pour son équilibre locomoteur, pendant le troisième âge.

Plus qu’un symbole, l’accompagnement de l’être humain par l’arbre se révèle incontournable dès lors que la forêt incarne, tout à la fois, la médiation et le dialogue. C’est sous l’arbre à palabres, véritable institution traditionnelle, que sont trouvées les solutions les plus inattendues aux problèmes du village.

La forêt ne sera plus uniquement une ressource pour son bois, mais encore davantage par l’action exercée sur la vie en société et l’oxygène vital qu’elle libère pour la survie de l’humanité.

En outre, au cœur de la lutte contre les érosions, les inondations ou les glissements de terrain, les arbres accélèrent les différents processus de rétablissement ou de régénération.

Par ailleurs, les forêts confèrent de nombreux avantages en matière de santé.

Selon certaines études, un produit pharmaceutique sur 4 est fabriqué à base d’arbres, grâce à leurs propriétés médicinales largement reconnues depuis la nuit des temps.

Enfin, sources d’approvisionnement en denrées alimentaires pour les hommes et les animaux, les arbres rendent l’air plus sain en devenant des réservoirs de séquestration de carbone, contribuant à la réduction de gaz à effet de serre.

Au Congo-Brazzaville, les populations mesurent à présent l’importance de l’afforestation et du reboisement, après avoir mis en doute l’option visionnaire et anticipatrice de Denis Sassou-N’Guesso d’étendre et densifier les forêts, au regard du couvert végétal du pays, sur une superficie de plus de 60% du territoire national.

L’urgence climatique d’aujourd’hui, les canicules de ces derniers temps, les incendies de forêts, l’ensablement des cours d’eau, il n’a pas fallu plus que ces phénomènes pour illustrer l’imminence d’un danger qui menace le Congo-Brazzaville.

La situation, déjà bien connue, demeure préoccupante. Le tout réside dans la volonté d’agir et d’y consacrer les efforts nécessaires. Là où subsiste une volonté, il y a toujours une brèche pour la réussite.

Pour sa part, le Congo-Brazzaville et son Président pourraient se prévaloir d’une visibilité ancienne, voire lointaine, en ce qui concerne la préservation des écosystèmes forestiers.

A ce sujet, une loi promulguée le 11 septembre 1984 a institué, au Congo, la Journée nationale de l’arbre, pour laquelle, le 6 novembre de chaque année, tout citoyen congolais est tenu de planter un arbre d’essence fruitière ou d’espèce forestière.

42 ans après son instauration, la Journée nationale de l’arbre est devenue une tradition et une pratique durable, de portée patriotique, à travers l’adhésion et la participation massives des populations à cette œuvre salutaire.

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photos : DR