Congo : Reprise du trafic ferroviaire entre Brazzaville et Pointe-Noire au grand bonheur des usagers

Le trafic ferroviaire a été relancé le 1er mars 2022 après l’effondrement du sol ayant entraîné le 25 janvier dernier un déraillement d’un train marchandise au PK Ngamoukassa, à Mfilou, dans le 7ème arrondissement de Brazzaville.

Le trafic ferroviaire a été relancé avec le départ sur Pointe-Noire d’un train marchandises au grand bonheur des usagers.

Les travaux de réhabilitation de la zone endommagée ont été réalisés par les techniciens du Chemin de fer Congo-océan (CFCO), en collaboration avec ceux des sociétés CRBC et Congo service.

Les causes de la mort lente de ce chemin de fer sont connues. Le matériel roulant et fixe a vieilli. La densité des pluies du climat équatorial de la sous région, avec toutes leurs répercussions sur l'environnement, déstabilise les sols sur lesquels ont été fixés les rails, difficultés financières (dette d’environ 113,372 milliards FCFA).

Depuis de nombreuses années, le réseau du CFCO a effectué des transports intenses d'hommes, de matériels et d'hydrocarbures. Le CFCO s'est acquitté tant qu'il l'a pu, avec succès, à une certaine époque, de cette vitale activité pour l'UDEAC, au demeurant, pour la nation congolaise.

Aujourd'hui, la voie ferrée, soumise à un trafic important, n'est entretenue que par des moyens de fortune. Le CFCO ne produit plus suffisamment de ressources pour changer, comme il l'aurait souhaité, les rails et les traverses. Renouveler le ballast, les locomotives et les wagons est encore plus complexe et compliqué. Sur certains tronçons du CFCO, la circulation des trains est devenue périlleuse.

Le grave accident du 25 janvier 2022, au quartier Moutabala, à l'entrée Sud de Brazzaville, ce sinistre serait la preuve que le CFCO a besoin d'une cure de jouvence, même si ce genre de catastrophe est imprévisible et pourrait toucher les chemins de fer les plus sûrs.

Le désordre au CFCO part de l'incompréhensible impuissance des pouvoirs publics d'avoir été indifférents à la folle occupation par des Congolais inciviques des entrepôts CFCO de Mpila, à Brazzaville, espaces terminaux techniques, réservés à la maintenance des trains venant de Pointe Noire.

De nombreuses habitations se sont établies sur les rails. Certaines concessions partagent leurs domaines avec des lignes de chemin de fer abandonnées. Incroyable. Fait, inimaginable, surréaliste.

Au moment où bruisse la rumeur d'un projet de chemin de fer qui traverserait le Congo, de bout en bout, d'Impfondo à Pointe Noire, le bons sens voudrait qu'on ne laisse pas mourir notre vieille gloire, le Chemin de Fer Congo Océan, un des outils incontestables de la cohésion nationale comme pourrait l'être la ligne en projet Impfondo-Pointe-Noire si elle se réalisait.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

banner